Aller au Funambule revient à jouer à pile ou face. Parfois, on tombe sur la tranche, comme ici avec un spectacle bien mené mais aux codes un peu figés. Deux comédiens interprètent une suite de saynètes écrites par un auteur contemporain, Christophe Delort - qui joue un one-man-show en ce moment -, dans une veine qu’il dit inspirée de Ionesco, Sébastien Thiéry, Jean-Michel Ribes, Pierre Dac ou les Monthy Python. Alors pour Ionesco, oui, on sent l’influence de la Cantatrice chauve, lorsqu’un homme et une femme progressivement découvrent qu’ils sont mariés, mais il n’est pas sûr que le côté guindé de la pièce rappelle le délire des Monthy Python !
Dix saynètes donc, sur fond d’absurde et de phobies ordinaires, que les comédiens jouent dans des sièges pour bébé, suspendus par la culotte à des chariots à roulettes, naviguant au milieu de vieux jouets. Nous voici dans une salle d’attente pourvue d’une porte d’entrée et d’une porte de sortie, où l’on reste prisonnier des semaines durant (car par définition, c’est une salle où l’on attend), puis c’est un cour d’anglais qui tourne au dialogue de sourds, avant la présentation d’un jouet écologique... Toutes ces situations qui virent dans l’absurde créent un fantastique angoissant, mais cet univers est desservi par le jeu conventionnel des comédiens, lequel donne au spectacle un caractère étonnament vieillot.
Du café-théâtre à la comédie de boulevard,
une troupe joue une pièce comique.
80. Comédie
Australopithèques modernes
De Christophe Delort. Mise en scène Didier Brice. Avec Mylo et Emmanuel Dabbous
Spectacle vu le 20 mai 2011 au théâtre Le Funambule Montmartre (Paris 18e)
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