Jean-Paul Dix a fait des mots son centre d’intérêt, sa passion et un spectacle assez sympathique. Aidé d’une spectatrice dont il accroche les cheveux à une boite de Scrabble (soit un jeu de mots !), il commence par démontrer que lorsqu’un jeu de mots est tiré par les cheveux, il se casse la gueule (principe qu’il n’applique malheureusement pas toujours). Il s’amuse, invente des étymologies fantasques comme celle de « jeu de mots » qui viendrait « jeu de Meaux » : les habitants de Meaux étant les Meldois, il imagine une légende avec une princesse aveugle et un Géant qui lui met le doigt... où vous pensez ! Oui, conformément à la bonne vieille tradition française du calembour et de la contrepèterie, Jean-Paul Dix est friand d’allusions graveleuses ou sexuelles, dans ce show qui mêle à une innocence presqu’enfantine un coté cul parfois plaqué sur le propos, sans être motivé par le contexte, lorsqu’il contemple le contenu de son caleçon en suggérant aux spectatrices du premier rang de jeter un œil au miroir du plafond si elles souhaitent voir son paquet (oh oh)... Car c’est au Bout, un ancien bar à entraîneuses, que joue le fils caché de Jean-Paul II et de Lady Di. Bien qu’il distribue au public des aspirines en cas de « jeux de maux de tête », il se lance dans des exercices de style un peu laborieux, comme cette aventure avec une contrôleuse dans un train, où il place tous les mots composés avec « train » : arrière-train, bout en train, train-train, etc. Idem avec le sketch de la porte condamnée, qui lui permet de nous confier qu’il « porte à gauche »... Intéressant ! Entre émerveillement et manipulations langagières, il interprète un rap savoyard moins convainquant que celui de Thomas Chambé et finit comme il a commencé, en parlant à ses chers petits poissons, Nicolas et Carlitta. Drôle d’esprit enfantin chez cet homme mûr.
Sans jouer un rôle, un comédien-tchatcheur s’adresse au public, en cherchant à créer un effet de spontanéité.
20. Stand-up
Jean-Paul Dix - L’homme qui murmure à l’oreille des poissons rouges
Spectacle vu le 1er juillet 2010 au théâtre Le Bout (Paris 9e)
Tweet
Donnez votre avis
comments powered by DisqusSoutenez Criticomique sur Facebook
Dans la même rubrique
Manuel Pratt - Le Meilleur du pire II
A l’instar des groupes de rap inconnus qui « niquent » Skyrock sans parvenir à passer sur les ondes, ceux qui se disent « (...)
Bernard Mabille - Sur mesure
Malgré les apparences qui en font le héraut du style chansonnier à la française, Bernard Mabille est un stand-uper d’exception. (...)
Emma Gattuso m’a tuer
« La 1ère fille à se lancer sur le terrain du très politiquement incorrect et de l’humour noir », indiquait le communiqué… Non, (...)
Cauet sur scène - Picard for ever
Silhouette amincie dans son cuir noir, la force de la Picardie dans les veines, l’ultra médiatique Cauet investit chaque soir (...)
Sophia Aram - Crise de foi
Chroniqueuse sur France Inter, idole des profs dont elle décrit le dur labeur dans son premier spectacle, icône de la laïcité (...)

