Alexandre Jean – Marche ou rêve

Ancien élève de l’école Jacques Lecoq, en probable recherche de son clown intérieur, Alexandre Jean appelle la curiosité. Un spectacle de clown sur la guerre dont le titre rappelle une chanson d’MC Solaar ? Nez rouge et serpillière sur la tête en guise de camouflage, un clown soldat est fait prisonnier. Perdu au milieu des tirs, il parle à son capitaine à l’accent chantant, se retrouve face à l’ennemi, à quelques centimètres seulement d’un soldat armé qu’il shoote à bout portant dans un effet de ralenti. Que de « tatatatacs » et de cris pour représenter un champ de bataille, seul, sur un plateau !

Alexandre Jean n’a pas fait la guerre ni son service militaire. A défaut d’avoir un œil génial pour réinventer le sujet, il nous sert ces images qu’on a vues dans des films ou au journal télévisé… Certes, le comédien a de l’expérience, de la technique, des idées, mais il a du mal à tenir le public en haleine. Il disserte sur les différents rires (nerveux, bête, étouffé, etc.), enchaîne des mimes sur une sonorisation travaillée, évocatrice, produit quelques effets réussis, comme la mitraillette qui se transforme en tondeuse. Mais on ne sent pas la nécessité de ce flux de bruits et d’images figées. Les jeux de mots, tirés par les cheveux, semblent plaqués sur les situations mimées. Au lieu d’entrer naturellement dans l’histoire, on se sent tiré par la manche, avec force insistance et mots inutiles.

Sans trop de rapport avec le reste, le spectacle s’ouvre et se clôt sur une séquence zen où, assis en tailleur, Alexandre Jean incarne un bonze qui joue du hang, une soucoupe en bronze, en citant Bouddha : « tout est faux et vrai à la fois », comme s’il voulait montrer qu’il est aussi musicien. Au bout d’une heure et quart dont seule la moitié semblait nécessaire, le comédien conclut sur une pirouette : « quitte à mourir, autant mourir de rire !» Malgré des efforts de construction, cette création qui se veut sans doute dramatique et burlesque donne une impression très anecdotique.

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