Avenue Q, show de marionnettes adapté par Bruno Gaccio

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  • De Robert Lopez et Jeff Marx. Adaptation Bruno Gaccio. Mise en scène Dominique Guillo. Avec Alice Lyn, Gaëtan Borg, Emmanuel Quatra, Jean-Michel Vaubien, David Alexis, Emmanuel Suarez, Prisca Demarez, Shirel, Philippe Aglaé, Virginie Ramis
  • Spectacle vu le 17 avril 2012 à
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Tout le monde connaît le muppet show ou les Guignols, ces marionnettes pour adultes qui caricaturent les stars de la politique ou du show biz. Bien qu’interdit aux moins de 12 ans, c’est un spectacle de marionnettes presque enfantines qu’adapte cette fois Bruno Gaccio, l’ex-tête pensante des Guignols. Un show à l’américaine qui débarque un peu partout pour créer un succès mondial. Tout est carré, pas de place à l’approximation, c’est Broadway à Paris : les comédiens sont précis et chantent juste, la musique sonne bien, jouée par un groupe caché derrière le magnifique décor de « cartoon ». Ces façades de briques rouges à la new-yorkaise figurent un tronçon de l’avenue Q, non pas la A ou la B mais la Q, un quartier populaire et cosmopolite où tout le monde s’entend bien. Princeton, un jeune diplômé de grec ancien y débarque, des rêves plein la tête. Il fait la connaissance de colocs loufoques incarnant toutes les communautés : Brian, le comique juif au chômage et sa copine asiat’ Tatami, psychologue sans client, le gardien black à la voix d’Eddie Murphie, le paumé Ricky qui squatte chez Rod, un homo refoulé de droite, ainsi que deux gentils monstres, l’obsédé Trekkie Monster et Kate Monster, une jolie instit’ guettant l’amour. Princeton, lui, cherche un but qui donnerait un sens à sa vie…

Vêtus sobrement, les comédiens manipulent à vue de grandes marionnettes qu’ils dotent de voix percutantes et de gestuelles d’un réalisme étonnant. Parmi eux, Shirel impressionne en jouant plusieurs personnages féminins, la timide Kely Monster comme la vulgos Lucy la Salope, prêtant même sa voix aux marionnettes de ses collègues lors de scènes virtuoses. Non moins convaincants, certains acteurs jouent sans marionnettes, avec leur propre corps. Les personnages chantent, bougent, dansent, se vannent et on les suit comme pour de vrai…

Les textes sont bien troussés, osés tout en restant bon enfant, comme ces chansons entonnées en chœur par la troupe. Qu’il s’agisse de dire à quoi sert le web : « internet c’est pour le cul, prend ta bite et astique », d’évoquer l’homosexualité refoulée : « Si j’étais pédé… Mais je suis pas pédé » ou d’exorciser la part de racisme que chacun porte en soi : « Tout le monde est titipeu raciste, c’est vrai / mais ça ne fait pas de nous de vrais racistes, okay », clin d’œil ironique au générique d’Arnold et Willy, les paroles font mouche. De l’argot, des allusions directes façon stand-up, du bon son et un bon décor : chaque rouage de la mécanique alimente cette machine infaillible !

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