Gustave Parking – De mieux en mieux pareil

Actif depuis une trentaine d’années, Gustave Parking, qui tient son patronyme des lieux où il a joué si souvent dans sa jeunesse, est sans doute le seul humoriste français délibérément écolo. Toujours aussi à l’aise au contact du public, il présente au Trévise un nouveau best-of nourri de digression verbales, de jeux de scène comiques, et de ce coté Géo Trouvetou ici agrémenté de nouvelles trouvailles. Si certaines expériences scéniques sont nouvelles (le Robocop de l’Otan aux bruitages amplifiés dans l’obscurité), on revoit avec plaisir le canon à tomate, le lancer de petit suisse, ou la soufflerie qui lui plisse le visage de façon monstrueuse. Il imagine, comme Wally, des inventions absurdes à l’instar de cet « alcoreste » mesurant l’alcool qui reste à consommer, où de la boxe en gants de toilettes qui consiste à nettoyer l’adversaire recouvert de boue. Génie de la récup’, il trouve ce qui lui manque dans ce qu’il a. Ainsi, pour Halloween, un déguisement avec passoire, plumes de paon, raquettes en plastique et vieux tuba, mis en scène sur l’affiche.

Gustave Parking s’amuse à démonter les règles du one-man, en choisissant d’emblée un spectateur dans le rôle de la « victime innocente ». Qu’il s’agisse de blagues basiques, d’inventions loufoques, de parodies de spectacle subventionné – une « musique de pot » qui rappelle la musique traditionnelle targuie d’un intervenant du Grand Mezze – tout est parfaitement vu, jusqu’au discours chiant et lent des hommes politique. Ancien étudiant en linguistique devenu maitre ès langage, Parking s’illustre dans une succession virtuose de calembours tirés par les cheveux, de messages politiques et de récréations scéniques. Le tout, avec un constante autodérision, qu’il perd peut-être à la fin, dans ce poème écolo au ton trop sérieux, ou lorsqu’il lâche ici et là une phrase pompeuse en demandant au public un « ôôô » d’admiration… Il est plus facétieux pendant le rappel, avec son costume nudiste d’où pend un pénis en laine qu’il fait tâter au public.

Alors on rit, on écarquille les yeux et, comme toujours avec Parking, on réfléchit. Mais à force de best-of continuels, l’humoriste ne va-t-il pas se lasser ?

Punchlines :
« J’ai un chat dans la gorge, je devrais me mettre une souris dans le cul, ça va le faire descendre »
« Un seul être vous manque et faut tout ranger tout seul »
« La terre se réchauffe, je vous le dit Allègre ment. Qui monte Lagarde ? »
« La majorité des Français sont plus cons que la moyenne »
« J’ai un sentiment de l’infini qui m’empêche d’être athée »

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