Jacques le plusieurs de Bruno Moynot et Samir Bouadi

Malgré l’inquiétante étrangeté du titre et du visuel, l’affiche est prometteuse… D’abord la mythique scène du Splendid ; ensuite, le rôle principal et la co-écriture de Bruno Moynot, M. Preskovic dans le Père Noël est une ordure ; l’excellent Tom Novembre en tête d’affiche, enfin. Tout donne envie de venir découvrir cette comédie sur un homme qui change de costume chaque fois qu’il débarque au troquet du coin, le mystérieux Jacques le plusieurs (Bruno Moynot), dont on retrouvera finalement l’identité grâce à une séance d’hypnose couronnant cette « bistro-thérapie ».

Sur scène un bar, des bouteilles et deux portraits encadrés : celui de Pierre Carré, gloire de la chanson montmartroise et celui de Sultan, le chien du barman, un ex-légionnaire au look de rocker sur le retour. A ses côtés, les habitués écoutent et regardent leur copain schizophrène se transformer, notamment un paumé boiteux joué par Tom Novembre avec ce qu’il faut de psychologie comique. Bruno Moynot incarne successivement un policier, un médecin, un architecte, un pilote d’avion… L’idée n’est pas mauvaise, ça crée des surprises visuelles, du mouvement et quelques rires.

Les autres comédiens sont moins convaincants pour défendre ce texte un brin vulgaire qui tire à la ligne des calembours évidents. En lieu et place de mots d’esprit, les personnages s’interpellent avec des noms de célébrités (genre « hé ça suffit mère Térésa ! ») et les références à l’actualité se réduisent au name dropping de Bettencourt ou Sarkozy. A ces simili brèves de comptoir manquent l’esprit et la gouaille du Père Noël. Tom Novembre et ses collègues tentent de sauver la baraque sans vraiment y parvenir. Heureusement, la séance est trop courte (1h20) pour gâcher la soirée…

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