Jean-Jacques Vanier – Festof

Après quatre excellents spectacles co-écrits, sauf le premier, avec François Rollin, Jean-Jacques Vanier s’offre une parenthèse, une récréation qu’illustre bien cette première à l’Européen. Il est tellement à son plaisir qu’il n’a pas répété ce festof (entre festin et best of), et le son et les lumières s’en ressentent, notamment à la fin des sketchs. Rien de grave évidemment, Jean-Jacques Vanier, décontracté, est là pour rejouer à son public quelques histoires absurdes ou touchantes tirées de Mon journal intime, L’envol du pingouin, A part ça la vie est belle et Elles.

Il entre en matière avec le sketch de la machine à café (pour sept tasses ou pour neuf ?!) qui part en leçon d’arithmétique délirante, enchaîne avec ce trajet en voiture où son pote et lui sortent de l’autoroute sans se rendre compte qu’ils sont sur le circuit des 24 heures du Mans – où l’on retrouve le point de vue ingénu qui fait la marque de fabrique de Vanier. Le troisième sketch, un de ses classiques, relate la mort d’un ami après un saut à l’élastique du pont de Juvisy, où jamais Napoléon n’aurait eu l’idée d’emmener ses troupes… En évoquant son orgasme avec la jeune veuve du défunt le soir de l’enterrement, Jean-Jacques Vanier est comme à son habitude léger, enfantin, avec l’air de ne pas y toucher – comme lorsqu’il relate ensuite son premier frisson amoureux, en classe de 3e, devant un film sur le débarquement de Normandie à coté d’une fille dont il a effleuré le sein ! Depuis lors, associant l’image à la sensation dans une excitante synesthésie, la vue de la mer (ou celle d’Eisenhower) le fait bander.

Voilà, rien de nouveau donc, si ce n’est l’accent mis sur le jeu : Jean-Jacques Vanier prend son temps, fixe le public, écoute ses réactions, improvise deux ou trois répliques, et on découvre un vrai comédien – à défaut de sketchs inédits qu’on attend avec impatience.

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