Julien Losa – Un jour, vous saurez le truc !

Le défi actuel des magiciens, c’est d’amuser le public sans tomber dans la ringardise. Son représentant le plus illustre est sans doute Éric Antoine, on peut citer aussi Kamel le Magicien. Garcie More avait son style de blagues, l’illusionniste stand-uper d’aujourd’hui met son art à distance. Tout en douceur et en nuances, Julien Losa amène sa touche subtile à cet édifice. Petits et grands apprécient son humour à différents niveaux. Il arrive timide, piteux, jouant au magicien brimé qui n’aime pas son métier, avant d’incarner au fil du show une série de profs de magie fantasques, de l’austère pince-sans-rire au snob délirant… Son truc, c’est d’interagir avec le public qu’il ne manque pas d’amuser en rebondissant sur chacune de ses réactions. Ce soir là, un spectateur à l’hilarité exultante lui renvoie la balle à plusieurs reprises : c’est Arthur Milchior dit Rainbow, participant d’On n’demande qu’à en rire et auteur d’un blog sur l’humour.

Pour Julien Losa, une carrière de magicien se décompose en trois phases : l’enthousiasme des débuts, la pratique blasée après dix ans de métier, la routine du vieux close-up man. La magie est-elle une vocation ? Lui prend le contre-pied du show close up habituel, en révélant avoir été initié par un oncle qui l’a découpé, mis dans une boite et jeté par dessus bord lors d’une croisière.

Après une première partie où il démonte les ressorts classiques de la prestidigitation (tours de passe passe et de cartes, corde découpée ré-assemblée, etc.), la deuxième moitié du show devient plus sérieuse. Place au mentalisme, discipline en vogue qui consiste à détourner l’attention des spectateurs pour leur faire croire à des transmissions de pensées. Il y a donc des enveloppes, un livre dont il faut deviner le premier mot d’une page ouverte, une destination de voyage écrite sur un papier… Julien Losa maîtrise sans problème les classiques du genre et laisse le public bouche bée. Mais s’il est à l’aise pour discourir, sa timidité parfois l’emporte, quand ce ne sont pas des longueurs, des blancs ou des enchaînements poussifs qui cassent le rythme de son show. Ce n’est qu’à force de pratique que le magicien deviendra stand-uper. Pour de vrai…

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