Julien Schmidt, mise en scène Benoît Blanc

Si Julien Schmidt a un air de Bernard Campan, ses portraits au vitriol rappellent aussi certaines parodies des Inconnus… Il fait une première apparition en garçon timide, angoissé par le public, avant d’incarner un animateur-chansonnier beauf et ringard, leitmotiv de la scène stand-up depuis Laurent Lafitte. Puis c’est un papy, un enseignant perclus de tics, qui gueule car personne ne l’écoute plus, ou un macho du sud-ouest qui se gratte les couilles en réprimant des rots anisés, et pour qui Dieu apparaît en Paul Ricard accoudé à une Mégane RSI. Ce formateur voit défiler des candidats à côté de la plaque : un footeux qui s’exprime par monosyllabes, une post-ado soûlante qui parle par sigles (« FX a dit à PH que JS… »), un punk a chien ressemblant étrangement au toxico de Dieudonné (dont s’était déjà inspiré Ary Abittan) ou un jeune aristo qui se gausse la bouche grande ouverte.

Si ces caractères ont déjà été vus, ils sont interprétés avec une précision et un regard caricatural qui n’épargnent rien de leur ridicule. A contre-courant du stand-up, Julien Schmidt revient aux fondamentaux du one-man-show et surprend par son interprétation, davantage que par son imagination. Mais il déploie de grandes finesses de jeu : ainsi à travers le négationnisme du prof, tout en non-dits, il montre avec subtilité par quels sous-entendus fonctionnent les discours racistes. Quant au sourd figurant parmi les candidats du formateur alcoolisé au pastaga, le comédien le joue de façon très réaliste, émettant une série de sons forts et inarticulés qu’on n’avait jamais entendus dans une galerie de portraits.

Julien Schmidt termine en lisant une prétendue critique de Télérama, qui commence bien et finit mal. Mais bientôt les critiques rendront réellement hommage à ce comédien plein de talent, en saluant sans doute le retour du jeu dans le one-man-show.

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