L’impardonnable revue pathétique et dégradante de Monsieur Fau

Quand les homos se travestissent et chantent leurs chansons préférées (de Barbara à Chantal Goya), ils en viennent souvent au cabaret drag queen comme Chez Michou ou Chez Sylvain. Acteur fétiche d’Olivier Py, Michel Fau semblait plus familier du répertoire classique ou contemporain que du tour de chant loufoque. Mais dans ce numéro délirant, le professeur au cours Florent et au conservatoire se laisse aller sans frein à sa folie, accompagné d’une danseuse qui semble sortie du Moulin Rouge et d’un black musculeux souvent dénudés.

Pour commencer, Michel Fau mime la grandiloquence cadencée des acteurs du Français dans un court soliloque où il digresse sur son nom : « Ni vrai ni faux, ni laid ni beau, je suis Michel Fau ! » Incarnant une série de chanteuses pleines de minauderies, il reprend des airs de Zizi Jeanmaire, Betty Mars, Jacqueline Maillan, parodie des chansons de variet’ façon Loana, Lara Fabian ou Carla Bruni, fredonne des couplets tragiques ou humoristiques, d’amour et de haine.

C’est court, rythmé, bien écrit et génialement interprété. Avec ces lampions éclatants qui ravivent les feux du music-hall, dans un tourbillon de strass et de paillettes, on baigne dans une atmosphère interlope à la David Lynch, nimbée d’une inquiétante étrangeté. Cette galerie de personnages transgenres qui semblent à moitié réels crée une expérience bizarre, un peu hallucinée !

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