Le Tour du monde en 80 jours

Condenser en une heure vingt le célèbre roman de Jules Verne : vu le succès actuel de la pièce, le défi valait le coup ! Le secret de cette réussite, c’est une adaptation qui allie à une classe très british les codes du café-théâtre et une interprétation vive, parfaitement rodée, efficace sans être vulgaire. Filleas Fogg, maniaque de l’heure qui évite tout frottement susceptible de ralentir son avancée (y compris avec les femmes) a parié à son club de Whist qu’il parviendrait à réaliser un tour du monde en 80 jours. Entre l’Égypte, les Indes (où il rencontre sa future femme), Hong Kong et les États-Unis, une série de péripéties émaillent l’itinéraire du gentleman toujours suivi de son valet Passepartout et d’un inspecteur qui le soupçonne d’avoir cambriolé la banque d’Angleterre. La scénographie, efficace, place au centre de la pièce une cage couverte d’un rideau que les comédiens tirent sans cesse, pour représenter un bateau, un compartiment de train, un café ou une fumerie d’opium…

L’adaptation de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino enchaîne les références à la coupe du monde, aux fonctionnaires, aux hommes politiques (la bravitude de Ségolène Royal, les pièces jaunes de Bernadette Chirac) et réunit toutes les facettes du comique : jeux de scènes, comique de répétition, chansons et clins d’oeil à la syntaxe anglaise… Les comédiens vont et viennent comme l’éclair vêtus de costumes toujours nouveaux, jouent un passage en accéléré, s’arrêtent sur un tableau fixe : de vieilles anglaises lisant la presse au champ de course. Autant d’effets spéciaux parodiques qu’on retrouve dans Les 39 marches.

Ce soir-là ils étaient cinq, extraordinaires et hyperactifs, qui donnaient l’impression d’être au moins le double : le héros au flegme british (Yan Mercoeur), le consul exulté tamponnant le passeport de Fogg à chaque escale (Romain Canard), l’inspecteur nullard (Frédéric Imberty), le Passepartout franchouillard (Nicolas Tarrin) et l’Indienne (Réjane Lefoul) qui en fait peut-être trop dans le gag anachronique. Le tout s’enchaîne sans répit, à un rythme de film d’action désormais disponible en DVD !

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