Michel Boujenah – Enfin Libre

Michel Boujenah est de retour au Gymnase. Si il évoque toujours, avec son chapeau et son accent pied-noir comme dans les Nouveaux Magnifiques, la saga de la famille Boutboul, il y a aussi du nouveau. Plus ou moins explicitement, le comédien semble répondre à un reproche de communautarisme qu’on lui aurait fait. Pour lui, le pur accent français des présentateurs de JT est bien plus folklorique que sa façon de parler. Et de citer l’exemple de son cousin avocat « coupé en deux », car s’il affecte un style pointu et snob avec un client, il finit avec l’accent pied noir quand sa mère l’appelle pour dîner. Dans « Enfin libre », Boujenah fait aussi parler deux de ses amis d’enfance, un titi Parigo et un Tunisien, le premier l’invitant à s’ouvrir au monde, à voyager, quand le second lui fait remarquer qu’on ne pas être libre si on n’a pas d’argent.

Le comédien alterne toujours ses personnages fétiches et ces impros où il pend à parti les spectateurs avec une aisance mêlée de jubilation. Il repère ici une folle, là quelqu’un qui ne rit pas et réprimande vivement chaque retardataire. Au passage, il revient sur la différence entre les hommes et les femmes, grâce à la découverte de l’ocytocine, « l’hormone de l’attachement », par le neuro-biologiste Jean-Didier Vincent et, en guise d’hommage à Devos, enchaîne quelques jeux de mots tirés par les cheveux.

Durant tout le show (1h20), Michel Boujenah rit de ses blagues. De même, comme une invitation au public, il se moque de lui-même avant de se lancer dans des imitations d’animaux soit disant ratées, créant une mécanique où l’on est censé rire avant d’avoir rien vu… C’est lorsqu’il part en impro avec son public que Boujenah s’envolle.

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