Michel Leeb – Hilarmonic Show

Depuis septembre 2010, Michel Leeb est sur scène dans un spectacle inspiré par l’Américain Danny Kaye, qui dirigeait en 1981 un philharmonique de façon burlesque. Hommage ou plagiat ? Difficile de se prononcer dans un milieu où les blagues circulent, reprises et adaptées d’un humoriste à l’autre. Dans quelle mesure Thomas N Gijol et Gad Elmaleh se sont-ils inspirés de Richard Pryor, Eddy Murphy et Jerry Seinfeld ? Diriger un orchestre en délirant n’est pas nouveau, le premier en France à l’avoir fait est Marc Jolivet dans Comic Symphonic en 2005. Entouré de 45 musiciens de l’orchestre de Radio France et de l’Opéra de Paris, Michel Leeb incarne un violoniste benêt qui arrive en retard et se fâche avec le chef d’orchestre Cyril Diedrich qu’il remplace. Il enchaîne les mimes, fait chanter le public, joue avec les musiciens. Cinq ou six gags sont repris à Danny Kaye, par exemple lorsque il montre, face au public, le visage expressif du chef d’orchestre réagissant aux excès des instruments, ou qu’il fait se lever et s’asseoir les musiciens comme une ola.

Le côté burlesque, onomatopées et mimiques clownesques, est plus présent ici que dans ses précédents spectacles. Mais le texte est semé de scies et de calembours pas très recherchés : « nous allons maintenant exécuter deux terroristes, euh non, une chanson », clame Michel Leeb, avant d’évoquer « une symphonie en sole meunière ». Entre les reprises d’opéra ou d’opérette, l’humoriste se livre à un monologue oiseux sur la grammaire allemande, et l’orchestre de s’endormir. Confirmant sa marque de fabrique franchouillarde, il nous sert l’accent russe et suédois, en prenant soin de diriger avec deux baguettes lorsqu’il passe à l’accent chinois.

On préfère son imitation de Jean d’Ormesson, logorrhée mythomane, l’interprétation de Mozart façon band de jazz, ou la séquence où il parodie de vieux acteurs français sur l’air de la Truite de Schubert, de Francis Blanche. Au fond, Michel Leeb rend accessible l’opéra à tous, d’une façon plus délurée que les conférences Jean-François Zygel. Un spectacle de vulgarisation musicale, rythmé et divertissant sans être brillant.


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