Michèle Marie, J’ai rêvé d’une aube…

  • Image de @jplenio

J’ai rêvé d’une aube transparente où les désirs des hommes se confondaient dans les nuages de l’incertaine venue de la lueur fragile du lendemain qui chante…

Le bruit et la fureur alors m’ont éveillée à la vie réelle des cités endormies…

Rumeurs motorisées crachant des étincelles de feu dans la poussière de l’atmosphère, grisaille des petits matins laborieux où l’on apprend à survivre.
Alors mes larmes ont coulé, face à ce désastre de l’harmonie sonore interrompue par ces hommes laborieux.

J’ai fermé mes oreilles à ce tintamarre de fer, de feu, de sang, j’ai posé ma joue encore tiédie par l’oreiller, refermé les paupières, contre la lueur crue des premiers rayons de l’été, j’ai pensé qu’il me faudrait encore une fois devoir faire face à la chaude rondeur du feu solaire de juillet, et se lever déjà pour affronter le jour, affronter les autres, tenter de les comprendre, de correspondre, tenter une relation pour évacuer ce voile de solitude de la sereine nuit d’été. Sortir du carcan des écrans dévastateurs pour sortir de moi-même, en élaborant un langage non plus virtuel, mais une langue véritable, sincère et attentionnée…

Ce poème fait partie des 23 contributions reçues mercredi 20 mai 2020, à l’occasion de la 3e scène confinée du Chat Noir (dont le compte-rendu est à lire ici).

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