Seul(e) en scène, un comédien ou une comédienne incarne
une série de personnages dans une succession de sketchs.

10. One-man-show

Laurent Baffie est un sale gosse

De et avec Laurent Baffie. Spectacle interdit aux moins de 12 ans.

A chacun des spectateurs, Baffie fait remettre un papier à remplir avec « votre note sur 20 », « ce que vous avez préféré » et « ce que vous n’avez pas aimé ». Durant le show, des membres de son équipe passent discrètement dans le public en demandant aux gens s’ils veulent monter sur scène où le guru les vanne et les insulte avec leur consentement. Chacun doit se présenter par cette formule « Bonjour je m’appelle ... », ce à quoi le public répond en chœur « Bonjour ... », comme dans les pires émissions télé. Baffie demande alors le numéro de téléphone du copain, de la copine, de la belle-mère... et ça répond une fois sur deux. En toutes circonstances, le public fait à la lettre ce que dit Baffie, jusqu’à lui tourner le dos en se penchant en avant pour, littéralement ou presque, se faire mettre. Une manipulation agressive mais assez subtile, puisqu’après avoir humilié ses fans, Baffie leur offre des cadeaux.
Le ton est donné dès l’entrée avec une salve d’applaudissement enregistrés qui précèdent les vrais. Baffie dresse son public comme Pavlov son chien : debout, assis, applaudissez ou faites « oooh » quand la lumière rouge s’allume. Il a sa chouchoute, une grand-mère qui tricote sur scène et son bouc émissaire, un mec qui doit enfiler un costume en forme de bite. Comme Francis Blanche qui se garait en défonçant ostensiblement deux voitures qui étaient en fait les siennes, Baffie shoote dans le fauteuil d’un handicapé - sauf que là, ce n’est pas un happening, mais un show dont le côté programmé fait penser à celui de Michaël Youn. Comme Bob et Rémy dans le médiocre Sarko et Hutch, l’animateur refait sur scène son émission de radio (par ailleurs très réussie) et c’est donc beaucoup plus figé que sur Europe 1. Il y a du rythme et des trouvailles quand il montre ses photos de famille ou que l’« ordinateur » répond à certains critères en affichant dix têtes de célébrités. Mais sans le public et les coups de téléphone, le show durerait à peine 20 minutes.
Que les gens se révèlent maso dans un spectacle comique, ce n’est pas nouveau - il n’y a qu’à voir, au Caveau de la république, les groupes de vieux à qui l’on rappelle à l’envi la canicule 2003. Mais là, avec des fans unanimes qui tendent les fesses en exultant, le record de masochisme est battu. Voilà peut-être l’originalité du show !

Spectacle vu le 23 décembre 2010 au théâtre Splendid (Paris 10e)


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