Eins zwei drei au Centquatre, par Martin Zimmermann

Quatre soirs de suite, la grande salle du 104 présentait un spectacle de clown à classer parmi les réalisations les plus abouties du genre. Le suisse Martin Zimmermann, formé au Centre national des arts du cirque, est actif depuis une vingtaine d’années. Il propose une vision très contemporaine du clown, acrobatique et sténographiée, à travers une mise en scène plus que soignée.

Dans un cadre figurant un musée qui change au fil d’une suite de tableaux léchés, trois personnages exécutent une chorégraphie réglée au millimètre. Ils incarnent trois modalités d’un même être : un directeur de musée diabolique, un barbu lunaire qui se trémousse tout en fluidité, une créature contorsiet onniste dont les deux autres seraient l’ange et le démon. Sans oublier un pianiste virtuose, qui met son talent au service du jeu foisonnant des trois hurluberlus.

Eins zwei drei : le titre sonne comme un battement de mesure, une injonction à obéir, ou traduit l’apparition successive, au compte-goutte, des trois personnages. A moins que ce ne soit une allusion plus directe à ce jeu enfantin, « un, deux, trois, soleil ». Jouant au sens propre sur les cadres et les conventions sociales, les athlètes démontent le décor, parlent, chantent, hurlent et se meuvent avec une virtuosité extraordinaire.

Certes, ça peut sembler un peu long, mais on avance au fil de surprises esthétiques et scéniques, jusqu’à une fin en apothéose.

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