Trois Hommes dans un bateau sans parler du chien… 

En plus d’avoir beaucoup joué au théâtre, à la télévision et au cinéma, Philippe Lelièvre a aussi été professeur d’impro à la Star Ac et il a mis en scène le premier show de Ben. Søren Prévost, avec lequel il a conçu la série décalée
Daniel Prevost Paris World Tour 2006 par delavignaliere« >Dr CAC, sur le modèle du détournement parodique de la Classe américaine, est le fils de Daniel et lui-même un acteur confirmé. Quant à Pascal Vincent, c’est une figure des Robins des bois, plus convaincant en équipe qu’en solo. Joli casting pour incarner les trois protagonistes du roman de Jerome K Jerome. La petite salle bien remplie du théâtre Edgar, où l’on est près de comédiens, offre un cadre idéal à cette épopée intimiste dans la tradition du british humour.

Trois gentlemen de la city, un peu désœuvrés bien qu’accablés de travail, veulent faire une pause. Ils s’invectivent avec une cordialité distinguée et sarcastique qui rappelle les héros de PG Wodehouse ou celui du Tour du monde en 80 jours, d’ailleurs adapté au théâtre. Ils fument la pipe et s’amusent à compter les maladies dont ils sont atteints, dans une savoureuse concurrence hypocondriaque. Que faire pour se changer les idées ? Une promenade en barque sur la Tamise fait l’unanimité. On s’organise, la check list doit comprendre à boire, de quoi se nourrir et s’abriter la nuit, sans oublier une quinzaine de paires de chaussettes… Et les copains chantent en chœur cette sentence teintée de nonsense : « Change de chaussettes et c’est le monde qui change ! »

Ça y est, on est embarqués dans une balade vivante et rythmée à l’image de la pièce, une escapade qui finira avant terme, comme la dérive de Mercier et Camier dans les pubs environnant Dublin. Les comédiens y vont de leurs jeux de scène, notamment quand Philippe Lelièvre doit planter un clou pour accrocher un tableau (celui du chien qui accompagne nos trois bougres, figuré par un portait au mur). Il mène sa troupe avec assurance et sang froid, dans cette adaptation fidèle à l’esprit de Jerome K Jerome tout en étant parsemée de références françaises comme ces clins d’œil à l’actu dans la comedia del arte ou les bons shows d’impro. Bref, l’humour british agrémenté d’un esprit café-théâtre assez fin : le cocktail est parfaitement réussi !

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