Seul(e) en scène, un comédien ou une comédienne incarne
une série de personnages dans une succession de sketchs.

10. One-man-show

Jean-Jacques Vanier - Festof

De Jean-Jacques Vanier et François Rollin

Après quatre excellents spectacles co-écrits, sauf le premier, avec François Rollin, Jean-Jacques Vanier s’offre une parenthèse, une récréation qu’illustre bien cette première à l’Européen. Il est tellement à son plaisir qu’il n’a pas répété ce festof (entre festin et best of), et le son et les lumières s’en ressentent, notamment à la fin des sketchs. Rien de grave évidemment, Jean-Jacques Vanier, décontracté, est là pour rejouer à son public quelques histoires absurdes ou touchantes tirées de Mon journal intime, L’envol du pingouin, A part ça la vie est belle et Elles.

Il entre en matière avec le sketch de la machine à café (pour sept tasses ou pour neuf ?!) qui part en leçon d’arithmétique délirante, enchaîne avec ce trajet en voiture où son pote et lui sortent de l’autoroute sans se rendre compte qu’ils sont sur le circuit des 24 heures du Mans – où l’on retrouve le point de vue ingénu qui fait la marque de fabrique de Vanier. Le troisième sketch, un de ses classiques, relate la mort d’un ami après un saut à l’élastique du pont de Juvisy, où jamais Napoléon n’aurait eu l’idée d’emmener ses troupes... En évoquant son orgasme avec la jeune veuve du défunt le soir de l’enterrement, Jean-Jacques Vanier est comme à son habitude léger, enfantin, avec l’air de ne pas y toucher - comme lorsqu’il relate ensuite son premier frisson amoureux, en classe de 3e, devant un film sur le débarquement de Normandie à coté d’une fille dont il a effleuré le sein ! Depuis lors, associant l’image à la sensation dans une excitante synesthésie, la vue de la mer (ou celle d’Eisenhower) le fait bander.

Voilà, rien de nouveau donc, si ce n’est l’accent mis sur le jeu : Jean-Jacques Vanier prend son temps, fixe le public, écoute ses réactions, improvise deux ou trois répliques, et on découvre un vrai comédien - à défaut de sketchs inédits qu’on attend avec impatience.

Spectacle vu le 21 décembre 2010 au théâtre L’Européen (paris 17e)


CONNAITRE LE LIEU, LA DATE ET RESERVER SUR  Fnac



Donnez votre avis

comments powered by Disqus

Soutenez Criticomique sur Facebook



Dans la même rubrique

Noémie de Lattre
En remplaçant au pied levé Agnès Soral dans le rôle titre de la Chieuse à la Comédie Caumartin, on pouvait croire le jeu de Noémie (...)

Sève est la Milf
Chez certains amateurs, l’acronyme Milf ("Mother I’d like to fuck") désigne les mères de famille accortes aux mœurs légères. (...)

Valentine Revel - César, Valentine et les autres
Depuis qu’il a changé de direction, le Ranelagh, ancien salon de musique du 16e inscrit aux monuments historiques, affiche une (...)

Bernard Azimuth - A table !
Il s’appelle Bernard Azimuth et c’est un personnage. Anti-héros timide, complexe, humain, modeste mais terriblement chiant quand (...)

Elie Semoun – Tranches de vies
Dans un nouveau spectacle, un humoriste interprète souvent un sketch de son précédent opus, à la façon d’un clin d’œil au public. (...)