Judith Pavard dans Mystic Trip au théâtre Popul’air

Rendez-vous est fixé au Popul’air, un bar du 20e doté d’une petite scène à la bonne franquette, par Koshka alias Judith Pavard, comédienne et clown. C’est à un Mystic trip qu’elle nous invite, soit une plongée dans une secte délirante dont elle dénonce les travers de façon ludique et humoristique.

Chaque spectateur se voit confié un badge avec un nom choisi par la comédienne. On pénètre la salle où elle attend quelqu’un, le guru, Raoul, qui ne viendra pas. Elle est désespérée, il a disparu une semaine avant leur mariage. En fait, comprend-elle, par son absence, c’est à elle que Raoul a confié la mission de nous initier. Raoul, dont on se rend compte qu’il est une tomate. Et nous, pauvres novices, des pucerons amenés à devenir coccinelles, pour nous envoler dans la liberté du don – de notre salaire, à la juste cause…

L’idée est bonne, son développement aussi, mais toutes les pistes ne sont pas exploitées à fond. Ainsi, si Judith Pavard a conçu des logos avec le symbole de la tomate et le nom de Raoul, elle n’explicite pas les 4 lettres du sigle en-dessous. Parfois aussi, elle se perd dans ses propres délires, déversant sa jalousie des formes de Lætitia Casta ou son dégoût du sucre en morceaux, sans que ça ne s’intègre vraiment dans le spectacle.

Certes, la comédienne joue bien, elle chante, crie, module sa voix et tente de nous emporter dans son délire. Mais le texte n’est pas toujours à la hauteur : tantôt les ressorts de la manipulation sectaire sont évoqués, suggérés en finesse, tantôt il sont plaqués tels quels dans une chanson explicite… Ça manque de nervosité, le fil n’est pas assez tendu pour nous emmener du début à la fin. Dommage, car lorsqu’elle parle de son sujet  – les sectes -, Koshka est intarissable et convaincante. Mais on peine à percevoir la richesse de sa réflexion dans la forme de son spectacle.

DANS LA MÊME RUBRIQUE

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*