Olivier Guedj – j’ai 2 fois 20 ans

L’idée était prometteuse. « Un chirurgien dentiste fait son show sur la scène du théâtre Le Bout. Olivier Guedj a un profil atypique, puisqu’il est dentiste Bld Montmartre à Paris. Passionné de théâtre, il a écrit son one-man-show inspiré de son vécu personnel et professionnel ». Un stand-up sur une expérience de dentiste : intéressant et jamais vu, semble-t-il… Mais s’il s’inspire de son univers personnel, Olivier Guedj ne dit quasiment rien de son métier, si ce n’est que son fauteuil ressemble parfois à un divan de psy.

Surgi sur une musique dance, le comédien-dentiste secoue la tête façon Petrole Hahn. Lui qui n’a pas 40 ans, mais « 2 fois 20 ans », confie sa peur de vieillir et sa joie d’avoir échappé à la calvitie – d’ailleurs, s’amuse-t-il, comment votre banquier pourrait-il accepter de vous prêter de l’argent si vous êtes chauve ? Ainsi débute un enchaînement de poncifs qui joue beaucoup sur l’opposition hommes/femmes, genre « Nous les hommes on pense que vous les femmes vous nous parlez trop de régime ». Olivier Guedj évoque la bague hors de prix qu’il achète à sa femme dans une boutique de la place Vendôme, les yeux de son épouse qui s’allument et son incapacité presque physique à rester (« chérie, je crois que la voiture est mal garée » !)

Sur la forme, c’est plutôt bien fait, mais l’humoriste semble avoir emprunté la plupart de ses gimmicks et façons de parler à Gad Elmaleh, comme le geste de Coco congédiant les impétrants, l’accent d’Afrique du Nord et la voix du « blond ». La technique d’Olivier Guedj ? Reprendre les expressions de son modèle en en changeant le contexte.

Trois fois il fait allumer la salle, pour s’adresser à un couple différent à qui il pose plus ou moins les mêmes questions, puis il prend en photo le public pour le mettre sur facebook. Parfois, on dirait qu’Olivier Guedj manque de recul ou de second degré sur les clichés qu’il développe, comme à la fin, lorsque, discutant avec Dieu devant le Mur des Lamentations à Jérusalem, il lui dit vouloir « de l’argent, de l’argent, de l’argent » ! Ou quand, évoquant le bouquin Le Judaïsme pour les nuls qui devrait s’appeler Le judaïsme pour les juifs, il est choqué qu’on puisse associer « judaïsme » à « nul » (mais pour le christianisme ou l’islam, il ne se prononce pas…).

Si l’humoriste est à l’aise pour tchatcher ou composer certains personnages, comme la vendeuse de la place Vendôme, très bien vue, on est déçu par cette accumulation de clichés.

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