Patrice Laffont – Je hais les jeunes

Avant d’enfiler son costume, Patrice Laffont apparaît de dos avec un sweat à capuche rouge. Lorsqu’il se retourne pour haranguer la foule, le micro réglé beaucoup trop fort donne un mauvais pressentiment : l’homme qui a présenté Des chiffres et des lettres pendant 17 ans va-t-il faire péter les sonotones ! Est-ce l’habitude des plateaux télés soporifiques ou des scènes de boulevard qui le pousse à crier dans une petite salle bien sonorisée ?

Prenant à contre-pied les injonctions habituelles, Laffont demande à tout le monde d’allumer son portable, avant de se lancer dans un laïus déjà entendu sur les jeunes au langage sms, victimes de la mouche « chié chié » (tout les emmerde), qui restent jusqu’à trente ans chez leurs parents. Le ton, un peu lourd, sert une accumulation de clichés souvent téléphonés. Patrice Laffont est plus pertinent quand il ranime ses souvenirs de cabines téléphoniques sur une musique jazzy, ou lorsqu’il raille les pubs pour « funiculaires d’appartement » qui passaient avant ou après son émission. Et tandis qu’il évoque avec honnêteté le Viagra, le public, plutôt âgé, ne semble pas concerné par les 3,5 millions de boites vendues chaque année en France…

Bon, lorsqu’il rebondit sur les réactions de la salle, Laffont assure, c’est vrai. Mais vu la lenteur de son débit et les longues pauses ménagées après chaque blague pour laisser rire les spectateurs, on se demande s’il est fait pour le stand-up. Aurait-il dû écouter sa fille, Axelle, qui l’avait dissuadé d’un tel projet, elle qui savait les risques du métier pour avoir joué un one-woman-show entre 2002 et 2005 ?

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