Antoine Schoumsky – En attendant Claire Chazal

Antoine Schoumsky présente un spectacle construit, rythmé, solide. Le texte est bien écrit, l’univers original, le jeu assuré. Il décrit, bien que n’y ayant pas vécu, le monde de la prison, d’une façon évidemment plus fantasmée que réaliste, avec son lot de sodomies et d’agressions sexuelles, en mentionnant néanmoins des éléments précis, comme la maison d’arrêt de Villepinte ou un numéro d’écrou. Il y a aussi chez lui un goût du calembour potache et de la punchline hardcore dont on voit clairement la visée : choquer l’audience. Oui, car le spectacle est interdit aux moins de 14 ans.

Le pitch : Antoine rêve de passer au journal de Claire Chazal pour faire plaisir à sa mère qui y voit un signe de reconnaissance suprême. Tous les moyens sont bons pour devenir célèbre à notre époque : suivre la mode des vidéos de « chat rigolo » ou devenir candidat à The Voice… Mais ça se passe mal avec le producteur Gilbert Zonzon, et le voilà derrière les barreaux.

Le comédien fait des efforts pour composer des personnages crédibles : un psychologue couillu, un producteur véreux, ou même des situations paradoxales comme l’évasion du schizophrène tiraillé entre deux aspirations contradictoires, partir ou rester, son corps propulsé vers deux directions opposées… Une performance physique et bien vue, qui a néanmoins quelque chose de convenu.

Schoumsky aime jouer la folie, camper des personnages border line, et il n’hésite pas à en rajouter un peu. Invariablement, lorsque le comédien lâche une réplique choquante, il baisse la tête ou fait une mine gênée, comme si de rien n’était, d’une manière finalement assez systématique. Derrière cet humour qui cherche l’outrance à tout prix, on sent un auteur spirituel qui pourrait surprendre davantage.

DANS LA MÊME RUBRIQUE

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

5 × un =

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.