Augustin Roncin, Lever, Paris 14e

    Le soleil rougit de pudeur d’apparaître nu les matins flamboyants. Il distribue
    avec parcimonie ses rayons, choisissant son parterre réfléchissant de fenêtres
    de fontaines de tours de verre.

    J’essaie toujours d’en saisir ne serait-ce qu’un qui tombe dans mon café pour
    prolonger sa chaleur. Il faut étaler la plus grande superficie de soi être
    tanneur et jouir de cet enduit fugace et bon marché. Je lui tourne le dos un
    instant le soleil n’est plus ce fruit rouge mais cet agrume bien haut qui pince
    les yeux je ne regarderai plus dans sa direction avant ce soir il s’est déjà
    élancé dans le ciel prêt pour ses rodomontades.

    L’aurore les gens l’estiment moins elle est dans l’ombre que jette le coucher
    de soleil sur elle.

    C’est peut-être mieux comme ça je laisse à ceux qui sommeillent le soin de
    peindre le soleil de la fin et moi je l’aurai vu splendide deux fois.

    Photo d'Augustin Roncin pour la 2e scène virtuelle du Chat noir

    Photo d’Augustin Roncin pour la 2e scène virtuelle du Chat noir

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    Ce texte fait partie des 37 poèmes reçus mercredi 15 avril 2020, lors de la deuxième scène confinée du Chat Noir. Retrouvez les autres dans ce compte-rendu.

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