Voici les 37 poèmes de la 2e scène virtuelle du Chat noir

  • Article publié le 23 avril 2020

Après une première scène virtuelle à laquelle avaient participé 29 poètes, ils étaient 37 à nous envoyer leurs productions le 15 avril 2020. Cette 2e scène confinée du Chat noir était marquée par un live facebook où une quinzaine d’entre eux sont intervenus en direct.

 

Le soir du 15 avril 2020, 37 poétesses et poètes, slameurs, chanteurs ou humoristes ont répondu à notre appel à contributions. Cette 2e édition de la scène virtuelle du Chat noir était marquée par trois nouveautés :
– elle était accompagnée d’un live auquel une quinzaine de poètes ont participé ;
– les poètes ont fourni une image de leur cru pour accompagner leur texte ;
– 9 contributions proviennent du lycée Jean Monnet de Vitrolles : le poème de Claire Pélissier-Folcolini et ceux de huit de ses élèves. Mention spéciale à Maxime De Lagausie qui s’est distingué avec une création très graphique !

A l’issue d’une semaine de votes sur facebook, les internautes ont pu ‘liker’ les productions qui leurs paraissaient les plus réussies, touchantes ou sensibles sur la page du site. Ces votes ont favorisé à la fois les poèmes les plus populaires et sans doute ceux dont les auteurs étaient les plus actifs sur les réseaux sociaux. Sur les 37 poèmes reçus, les plus plébiscités ont été ceux de Claire Pj, Kerim Abbas, Maéva Hector, Julie Bailly et Le Kouddar. Et c’était sans compter la 38e proposition de Tic et Tac, alias Julie Bailly et Roxane Mathubert.

De quoi parlent ces textes ? Du confinement bien sûr, mais aussi du temps qui passe, de l’amour, de la politique, ou de la poésie. Plus guère de rap cette fois, mais toujours du slam, de la chanson et même des textes aux accents philosophiques ou stand-up. Enfin, le haïku semble avoir reçu les faveurs des poète(ss)es, avec non plus une mais cinq contributions épousant les codes de cette forme courte japonaise.

Un grand merci à aux autrices et aux auteurs de ces œuvres de s’être prêté(e)s au jeu !

1. Julie Bailly, Il y a des jours comme ça
– Un vague à l’âme sur le temps, anaphorique et lancinant, pétris de rimes équivoquées –

2. Daniella Coletta, Je veux être calme
– Toujours cette syntaxe approximative qui crée des effets de sens poétiques et inattendus –

3. Augustin Roncin, Lever, Paris 14e
– Une aube parisienne dans un poème en prose métaphorique où le soleil est un fruit –

4. Maéva Hector , Je respire
– Un hymne à la vie scandé par le vers libre et semé d’échos sonores, construit sur la figure de la prosopopée (faire parler un être vivant ou inanimé) –

5. Tonton Humanis, Parce que les poètes miaulent sur les toits
– Un poème d’amour inspiré par la Bohème parisienne, vu d’un pont ferroviaire nouvellement construit –

6. Miriem Méghaïzerou, Border-line
– Un texte puissant et précis écrit à l’époque de la « jungle de Calais » pour tenter de dire l’expérience vécue par les migrants –

7. Le Kouddar, L’ animale
– Un poème qui tranche dans le vif, multipliant les verbes à l’infinitif comme autant de mouvements, d’actions et de cris d’existence –

8. Patrick Williamson, Crossings
– Un poème sur les Éléments, extrait du recueil Trois Rivières / Three Rivers, paru chez L’Harmattan en 2010 et traduit par Anne Talvaz, nourri de réminiscences enfantines –

9. Meriem Aït-Meddour, Une goutte d’eau
– Un poème très subtil sur l’eau, évoquant toutes ses dimensions, notamment la perte des eaux à la naissance, scandé avec bonheur sur une composition de Mark Eliyahu , « Drops » –

10. Grégoire Pellequer, Je suis poète
– Un art poétique scandé qui dit la condition du poète dans une société marchande, son inutilité et sa joie d’être au monde –

11. Sophie Crêtet, Hymne à la vie
– Un hommage ému à l’arrivée d’un nouveau né, petit-fils surgi comme une revanche sur la vie –

12. Eugenie Fasola, Les soirées
– Un texte court et ludique, percutant, qui exprime ce qu’il désigne avec la force d’une onomatopée –

13. Yves-marie Rollin, Confit Doigt
– Un blues humoristique grondé avec une voix rocailleuse à la Bashung –

14. Elise Rabia, J’aime le crépuscule et la nuit
– Un texte où l’amour se mêle à la révolte, inspiré du film de Céline Sciamma, ‘Portrait d’une jeune fille en feu’, aussi incandescent que l’œuvre dont il s’inspire –

15. Roxane Mathubert, Pourtant c’est un endroit calme
– Des vers libres pour dire le temps qui s’écoule à la nuit tombée, jouant avec les mots, dans une introspection silencieuse –

16. Kerim Abbas, Le confinement partie 2
– La suite du stand-up confiné en famille d’un humoriste en devenir, qui demeure terrorisé par son paternel –

17. Julie Lafaurie, ÉPiK ÉPOC !
– Une création à la fois lexicale, phonétique, typographique et numérique, enragée et rebondissante, vivifiante et politisée –

18. Esterelle Lacrimosa, VERTIGE
– Une suite de quatrains qui disent le monde actuel avec une scansion particulière, où le quotidien tourne au vertige –

19. Juliette Pommier, Le verre brisé
– Un court poème en prose qui semble d’abord ludique, avant de révéler l’intensité de sa profonde amertume –

20. Claire Pj, Miroir, mon beau miroir
– Au passé simple et au présent, ce poème à la tonalité légère raconte une rencontre qui l’est tout autant. Sept sizains d’octosyllabes dont les 6e vers se raccourcissent de moitié, comme un envol guilleret –

21. Anido Mirolo, Un moment de liberté
– Une vision onirique et pastorale de la nature retrouvée en ville, par temps de confinement –

22. Perrine De Cantagne, haïkus vietnamiens
– Trois haïkus indépendants les uns des autres, composés en vers de 5, 7 et 5 syllabes, qui illustrent les visions de l’auteure depuis Saïgon où elle vit

23. François Ausburger, Le ciel est bleu
– Un poème en vers libres sur le ciel et sur Paris, semé d’enjambements, et dont la voix rappelle parfois celle d’Apollinaire ou de Cendrars –

24. Elodie Marie, Haïkus de la déconfiture
– L’autrice a respecté une contrainte : détourner une série de mots et expressions et produire des néologismes ludiques et poétiques –

25. Stéphane Fall, Little tribute to Haymo
– Un hommage posthume comme un salut fraternel, dans le style poétique et philosophique de celui qui sait planter les arbres –

26. Isabelle Nicol, Confit-haïkus
– 8 haïkus dont 6 sur le quotidien confiné et 2 en hommage à un proche disparu, qui reprennent l’esprit plutôt que la lettre du haïku, parole concise comptant souvent moins de 17 syllabes –

27. Terence Samba, Un être en cage
– Parce qu’il n’y a rien de tel que la brièveté pour marquer le lecteur et conclure une séquence –

28. Raphaëlle Lavandier , Haïkus libres du confinement (suite)
– 16 nouveaux haïkus sensibles, faisant suite aux 12 qui avaient ouvert notre 1ere scène virtuelle, une forme courte de poésie japonaise dont la présence s’est accrue dans cette sélection –

Voici maintenant les poèmes des 8 élèves de 1ère du lycée Jean Monnet de Vitrolles, et celui de leur professeure de lettres, Claire Pélissier-Folcolini.

29. Claire PF, Chut…ça bouge !
– Un poème sensible, aux métaphores discrètement filées, sur l’enfance, l’éveil au monde, le devenir –

30. Mathilde Menut, Tu m’avais pourtant promis…
– Un presque sonnet de deux quatrain et deux tercets (mais dans le désordre, comme au tiercé) pour dire un amour déçu –

31. Flavien Darasse, La Polynésie
– Un poème descriptif d’inspiration tropicale, en forme de sonnet déstructuré, conclu par un distique évocateur –

32. Lola Mori, La danse est une façon de vivre
– Un vrai sonnet, cette fois, en rimes suivies, aabb, puis croisées, cdcd, et à nouveau suivies, eee, ffg, où Nietzsche est discrètement convoqué –

33. Evan Armangau, Rêve d’ailleurs
– Bercé par une anaphore lancinante, voici plus qu’un poème de voyage : un poème de départ. Mais tout voyage n’est-il pas, avant tout, un départ ? –

34. Manon Marques, Terre Inconnue
– Un poème cyclique, au vocabulaire riche et très évocateur, qui s’ouvre comme il se referme, par un distique mystérieux –

35. Manon Tchikanovorian, Ce lieu merveilleux
– Un poème au style à la fois descriptif et direct qui interpelle un dédicataire, marqué par un rythme scandé, saccadé, entraînant –

36. Samuel Raynaud, Pura Vida
– Un poème en prose, narratif et merveilleux, qui s’étire en périodes entraînantes qui déroulent le fil d’un parcours sauvage et onirique –

37. Maxime Delagausie, Rêveries
– Une composition à la fois picturale et textuelle, poème visuel qui s’embrasse d’un seul regard, comme un flux de sensations foisonnantes et colorées –

Un poème en bonus :

38. Julie Bailly et Roxane Mathubert : Slam de TIC et TAC
– Suite au live auquel participaient Julie et Roxane, l’idée à germé qu’elle enregistrent une version confinée de leur poème Tic et Tac composé en février 2020 à l’occasion de l’atelier slam-poésie que j’anime pour Eloquentia Nanterre. Un exercice de style allitératif à la Boby Lapointe –

* * *

La prochaine scène est prévue pour le mercredi 20 mai. Se tiendra-t-elle à La Cantine du 18 ou sur internet ? On ne le sait pas encore, mais elle aura bien lieu… Vous pouvez donc nous envoyer vos poèmes avant le 20 mai.

PRENEZ SOIN DE VOUS et n’oubliez pas, SOYEZ MODERNES !

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