Desperate housemen avec Jérome Daran, Alexis Macquart, Stéphane Murat

Desperate housemen c’est la réunion de trois stand-upeurs de talent, Jérôme DaranStéphane Murat et Alexis Macquart, dans une version scénique masculine de la célèbre série américaine. Soit le quotidien de trois gars banals qui se posent pas mal de questions sur les femmes. Ce paradoxe est un point de départ très intelligent, qui tient le spectacle d’un bout à l’autre. Façon de retourner la traditionnelle opposition « vous les meufs, nous les mecs » en montrant des mecs bavards, sentimentaux et jaloux comme dans un cliché féminin, tandis que les femmes semblent fortes et agissantes.

Desperate housemen c’est un peu les Darons avec dix ans de moins. Chacun fait son petit numéro et ils délirent ensemble – comme il y a 14 ans déjà, Murat et Daran (ainsi que J. F. Cayret et Mathieu Madénian) dans les les lundis de la Connerie à la Providence, un café-théâtre disparu. Pour qui connaît leurs spectacles respectifs, ça peut ressembler à un best-of subtilement amélioré de leurs attitudes et punchlines (genre Alexis Macquart disant au lit à sa meuf que sa « bouffe est dégueulasse ! ») Pour ceux qui découvrent, rien à dire, on savoure un spectacle vivant et rythmé.

Comme dans son propre one-man, l’histoire tourne autour de Jérôme Daran, largué par sa copine dont il lit la fameuse lettre de rupture et qu’il cherche à reconquérir. Ses potes sont là pour l’y aider. Après avoir été seul sur scène, il est rejoint par Alexis Macquart qu’il abandonne avant l’arrivée de Stéphane Murat, chacun apparaissant successivement seul, en duo et en trio, au moyen d’un subtil agencement.

On a bien sûr trois personnages très distincts : Daran dans son registre habituel de loser, qui joue néanmoins le beau gosse à la guitare, le flegmatique Alexis Macquart qui s’est adouci depuis ses premiers spectacles, enfin l’attachant Stéphane Murat, ancienne moitié de Mathieu Madénian, faussement naïf mais fin psychologue. Alexis conseille Stéphane sur la posture à adopter pour être un homme : ne pas dire je t’aime, ne pas pleurer devant une femme. Entre l’obtus et le sensible, Jérôme campe le copain absurde et rigolo avec un phrasé ultra véloce qui fait mouche. Bon, peut-être se prend-il un peu au sérieux quand il se met à chanter avec une voix de crooner très travaillée – mais c’est normal il prépare un album !

En bref, on apprécie la compagnie de ces trois mecs qui partagent leur amitié à la ville et à la scène. Sans qu’aucun d’eux ne cherche à voler à vedette aux autres, ils s’écoutent et rigolent, tranquilles, sûrs de leurs effets. Le public est content de les voir prendre du plaisir, surtout quand ils sortent de leur texte en improvisant joyeusement.

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