Les Darons – Doux, drôles et dingues !

Excellente surprise que le show de ces Darons qui jouaient il y a 25 ans sur la scène du Café de la Gare où on les retrouve aujourd’hui, Philippe Manesse à la billetterie et son fils Jérémy à la régie. Ils formaient aussi la troupe Les Voilà au FIEALD, autre rendez-vous mythique à l’époque. Devenus darons, ils balancent des saynètes et des chansonnettes avec un art consommé du jeu, en rythme, sans la moindre longueur. Sur la masturbation, la coloscopie, l’infidélité, ce sont des allusions plus que des réflexions, des sketchs très vifs et très courts – avec quelques rares blagues clichés et lourdingues qui ne durent qu’une seconde.

Voilà donc réunis cinq potes, cinq quinquas, mais surtout cinq acteurs aguerris qui s’écoutent, jouent et chantent à l’unisson, aussi bons les uns que les autres, aux personnalités pourtant différentes. Metteur en scène de Kevin Razy et des Lascars Gays, l’excellent Luc Sonzogni brille en papa bobo d’une Marie Clafoutis (ou Marie Claf’). Emmanuel Donzella drague à la guitare et disserte sur le patrimoine religieux lors d’un enterrement. Olivier Mag, le déglingos auteur du one-man Ma vie sans rolex, est génial en crooner latino. Un peu plus en retrait, peut-être, Fred Bianconi, le flic d’Engrenages, et Eric Théobald, metteur en scène de Demaison et Cauet, qui a remplacé Frédéric Bouraly.

Les saynètes sont bien choisies : enterrement d’un ami, Alzheimer de l’un d’entre eux, polyphonie corse ridicule, ou management sadomasochiste… Le tout, toujours guidé par cet esprit de chambrage, de délire et de confessions entre potes. Bref, Les Darons condense la puissance de cinq one-man en un spectacle court, dense et réglé comme un coucou. Un très bon esprit et une maîtrise scénique sans faille, sans doute aidée par la collaboration de Michèle Bernier.

 

 

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