Didier Super – Ta vie sera plus moche que la mienne

Didier Super est de retour en force avec un cinquième show explosif, une parodie gore de spectacle pour enfants, à mi-chemin entre son Concert sans musique et sa comédie musicale. Seul sur la scène qui tangue, au sous-sol de la péniche La nouvelle Seine, il raconte l’histoire de Ludovic, un jeune en galère. Ni beau ni riche, il ne peut pas se « taper de meuf », mais une bonne fée se penche sur son cas. Aussitôt il reçoit un mail d’une dame africaine mourante qui lui propose 700 000 milliards de dollars US. C’est le début d’une odyssée théâtrale façon Arnaud Aymard ou Maria Dolores, où Ludovic bouffe du Mac Do, fait des cauchemars, croise des punks à chien, des Femen et voyage en « Israelo-Palestine » où il réconcilie Juifs et Arabes…

Didier Super invective tout le monde, y compris, comme à son habitude, les spectateurs ou le technicien lumière. Anarchiste engagé, au comique à la fois subversif et absurde, il crée le malaise en amenant sur scène des mannequins en carton représentant des enfants sahéliens malnutris. Il s’en prend aux Femen qui montrent leurs seins et aux punks à chien, « des gosses de riches qui deviennent clodos pour faire chier leurs parents »… Bref, Ta vie sera plus moche que la mienne reprend ses thèmes de prédilection : chômage, racisme, pédophilie, Tiers-Monde. Avec cette fois une cible particulière, les femmes, qui font le lit du capitalisme en choisissant de coucher avec les hommes riches plutôt qu’avec les pauvres.

Pendant une heure vingt, l’histoire est racontée en alternance par la fée et par Ludovic, au risque que le public se perde dans ses méandres. Mais toutes les cinq ou dix minutes, Didier balance un nouveau morceau, corrosif et assez court – rien qu’un couplet parfois. Et même si le show nage dans un bordel apparent, tout est parfaitement réglé, et les chansons arrivent toujours au bon moment pour rythmer le spectacle. A la fin, le chanteur emmène tout le monde sur le quai où il s’en prend aux touristes qui passent en bateau mouche (voir la vidéo)… Une dose de subversion authentique et généreuse.

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