François Ausburger, Le ciel est bleu

    Le ciel est bleu
    Qu’ils disaient
    Il suffit de dire que tu écris
    Tu fréquentes des gens un peu
    bohèmes, un peu artistes.
    Tu travailles sur un scénario,
    une nouvelle, peu importe.
    Tu vas à Paris.
    Tu écris : « le ciel est bleu ! »
    C’est important. Le bleu. Le ciel
    Que le ciel soit bleu (comme une orange ?)
    Tes nouveau amis disent :
    « Ah oui ? » « C’est bien ! »
    Viens avec nous on va
    boire un verre chez Régine…
    Maintenant le ciel est vraiment
    bleu. A Paris.
    Mais il n’y a plus personne.

    Oui bien-sûr la tour Eiffel
    la tour Montparnasse qui se
    saluent de loin. Qui grattent
    un peu le ciel plus bleu que jamais.
    Mais plus de foules, de
    touristes bigarrés. De jaunes,
    de noirs (gens de couleur ?)
    Le ciel peut-il être désespérément bleu ?

    « Azzurro, il pomeriggio et troppo azzurro »
    Jusqu’aux confins de la terre le ciel redevient bleu.
    Et moi confiné, assigné à résidence.
    Con fini.
    Je n’irai pas à Paris.

    Image de François Ausburger pour la 2e scène virtuelle du Chat noir

    Image de François Ausburger pour la 2e scène virtuelle du Chat noir

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    Ce texte fait partie des 37 poèmes reçus mercredi 15 avril 2020, lors de la deuxième scène confinée du Chat Noir. Retrouvez les autres dans ce compte-rendu.

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