Grégoire Pellequer, J’ai fermé les yeux

    J’ai fermé les yeux, les bouteilles sur la table avec du blanc à l’intérieur m’ont évoqué du lait, j’aime pas trop le lait sans rien, tout le monde sais que chuis plutôt café au lait, olé, l’Espagne, je ne vais pas encore la faire celle-là ! Et si, je l’ai faite! Le lait, la blancheur, le lait maternel, la pureté, la bouteille, le contenant, le verre, le plâtre, le solide. Différence entre solide et liquide. La blancheur, la peinture, couleurs simple, couleur pure, évoquant le coton, le neutre, le nuage.

    Ces bouteilles sont posées sur un socle, des tables dans la nature, des chaises comme à l’abandon, comme le passage d’une fête. On peut imaginer des convives autour de ces tables drapées, ces bouteilles, des verres remplis, les hommes et les dames sont bien vêtus, peut-être des enfants, des chats, des chiens, du musette, des rires d’un instant révolu, comme il y a des Instants innombrables, des intéractions entre les êtres vivants et les choses à chaque instant sur cette planète.

    Et puis, quand tout est fini, qu’il n’y a plus personne et que le bal est rangé, on peut imaginer, comme ça, à la nuit tombante, les deux nouveaux époux qui restent là et se déshabiller. Chaque spectateur se fera sa propre image suivant son histoire.

    Nu, main dans la main, on peut imaginer qu’ils pénètrent dans l’eau douce, avant de se pénétrer eux mêmes et nagent jusqu’à leur leur lit nuptial au milieu du lac, et seul les chouettes et les hiboux, les poissons volants et les libellules, les étoiles et la lune seront témoins de leur amour.

    J’ai adoré cette installation dans la nature ; il n’y a vraiment que les artistes pour nous faire voyager.

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