Jarry – Atypique

Jarry semble encore plus sonné qu’avant. Ce comédien danseur joue de son image d’homo caricatural, multiplie les gimmicks d’ado idiote qui tape des mains à la moindre occasion, se frotte aux spectateurs et s’assied sur leurs genoux. Bref, il n’a aucune limite et ça fait du bien. Attention, Jarry peut jouer aussi le bonhomme – voire la caillera – mais pas longtemps, car aussitôt rejaillit une inextinguible envie d’exulter sa folle euphorie au public. Il enfile les clichés d’une façon tellement exaltée qu’il finit par les subvertir. En outre, le comédien s’adresse naturellement aux spectateurs, comme à ce gars à qui il propose une capote goût lentilles. Dans cette période où le succès de l’expression « vivre ensemble » ne trahit que son absence manifeste, il interpelle n’importe qui sans façons ni préventions, d’égal à égal. Derrière la provoc’, on sent l’artiste généreux qui souhaite le bonheur des gens, de son public en premier lieu.

Tout s’enchaîne avec fluidité, même si au fond Jarry ne parle pas de grand’ chose. Enfin si… Le show est bâti sur une astuce : le comédien a rendez-vous au Pôle Emploi où il attend impatiemment son tour, CV bien rangé dans son petit sac rose. Il passe en revue les métiers qu’il pourrait faire : majorette, caissier dragueur au supermarché, membre actif du GIGN, ouhlala ça fait peur, ou gymnaste spécialisé en saut de cheval…

Jarry est un showman ultra vif : il bondit partout, rit frénétiquement, traverse la salle en courant et enchaîne des chorégraphies précises et dynamiques en un claquement de doigts. Amateur de « zizis cocktails », il reprend tous les clichés du gay hystérique sans la moindre honte et donne tout ce qu’il a durant une heure et demie… Alors oui, c’est vrai, Jarry est réellement atypique !

* * *

Dans une première partie trop courte mais stylée, Farid Chamekh retourne les clichés du lascar reubeu : lui qui vient de la Loire n’aime pas se battre et était le plus nul au foot, celui que personne ne voulait dans son équipe. Casquette US néanmoins vissée sur la tête, il évoque les frissons de révolte parentale que ressent une ado qui sort avec lui. Sachant que son temps de parole est limité, il veut trop en dire en peu de temps, ce qui crée malheureusement un rythme précipité. A suivre…

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