Le fils du comique de Pierre Palmade

Voici la suite du Comique, cette comédie où Pierre Palmade se met en scène sous les traits de son double Pierre Mazar, auteur de pièces à succès. La posture est auto-parodique : à travers ce personnage, l’humoriste se moque de son ego surdimensionné – Mazar se voit comme un nouveau Guitry – et se met en scène dans ses petits dilemmes quotidiens. Ici, son désir de paternité. Oui, Mazar a beau vivre depuis huit ans avec un chorégraphe un peu folle bien joué par Alexis Cadrot, il veut être papa. Aussi, en rentrant du resto avec la comédienne en titre de sa prochaine pièce, une belle plante de presque 40 ans qui rêve aussi d’avoir un enfant, ils évoquent ensemble ce grand projet en sirotant de la vodka… Sauf que Pierre et son compagnon avaient promis de faire porter l’enfant à leur meilleure amie, une fliquesse hétéro qui en a dans le pantalon. Non seulement ce sera le fils de Pierre Mazar et non celui de son conjoint, mais en plus ce sera un garçon auquel il pourra transmettre toute l’étendue de son génie comique.

Coïncidence marrante, Noémie de Lattre, issue de l’Atelier Palmade et qui était de la précédente distribution, présentait en même temps une version féminine de cette pièce, Femmes libérées, où elle incarnait une trentenaire qui voulait un mari, un amant et un meilleur pote homo pour être le père de son enfant. Deux comédies aux multiples résonances, jusqu’à ces petits tournois mis en scène qui doivent départager, chez De Lattre, trois amants et chez Palmade, les deux mères potentielles… A ce jeu comparatif, Femmes Libérées est sans doute mieux réussi que Le fils du comique, avec des scènes plus courtes et plus enlevées. L’élève a-t-elle dépassé son maître ?

Si Palmade dépoussière le boulevard avec son atelier de jeunes pousses, on retrouve ici les clichés inhérents au genre et des acteurs qui jouent de façon un brin appuyée. A l’image de Palmade qui bombe le torse et ne semble pas très à l’aise avec son corps. Le spectacle vaut surtout pour cette introspection humoristique qui dévoile un personnage sensible, égoïste et torturé. Au fond, c’est un auteur comique qu’on découvre, peut-être plus à l’aise pour écrire et dire que pour jouer…

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