Les nouvelles brèves de comptoir

Classique de la scène comique, Les brèves de comptoir ont été
composées à partir de 1987 par Jean-Marie Gourio et popularisées en 1989
par son ami Jean-Michel Ribes dans Palace, où il place ces phrases
dans la bouche de Jean Carmet. Chaque année jusqu’en 2000,
Gourio fait de nouvelles moissons au café, notant sur le vif, sans les
retoucher, les répliques qui font mouche. Dans ce cru nouveau
récolté en 2006, les références actuelles (à Obama par exemple) côtoient les saillies
intemporelles, plus ou moins élégantes (« Comme je dis souvent à ma femme… Ta gueule ! »).

« Le bistrot c’est la liberté » dit Jean-Marie Gourio, un endroit où s’expriment des gens auxquels
les médias ne donnent pas la parole. Le bistrot c’est aussi l’alcool qui délie les langues et libère
le génie populaire, la lecture du journal étant prétexte à donner son point de vue sur tout, la
société, les femmes, la politique… Au café se croisent grosses dames et petits messieurs, vieux
réacs ou jeunes bohèmes, accompagnés toujours du patron et de sa femme.

Sur fond de
paysage urbain trône le comptoir, comme une ancre où
s’accrochent les épris de boisson. Les comédiens sont bons, vifs, efficaces. Tout le monde y va
de son mot, c’est inégal, gras ou fin, touchant aussi, et on grappille pas mal de pépites.

Bref,
Gourio et Ribes redonnent des lettres à cet univers gouailleur souvent méprisé, dans cette
suite de calembours liés par l’alcool, qui semblent
lancées hasard, comme des casquettes.

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