La Master Class de François Rollin, Fred Tousch, Arnaud Aymard

La « master class » est un genre scénique assez à la mode. On a vu celle de Pierre Byland, notamment… Ici, le vénéré François Rolin entouré de ses deux anciens collègues du Grand Mezze, Arnaud Aymard et Fred Tousch, se réunissent pour improviser durant quarante cinq minutes. Oui, c’est à une master class parodique qu’ils se livrent ce vendredi soir, dans la salle Rive Gauche de Chalons-en-Champagne, après trois jours d’Entre-Sort, une version raccourcie du Festival Furies.

Ça commence par des dialogues absurdes en coulisse, comme dans LA 432 des Chiche Capons, à propos de la relation des comédiens à un mystérieux objet. Lorsque qu’ils surgissent à la lumière, Fred Tousch tient dans la main une boule de plastique qu’il décrit comme son ami. Le ton est donné, intello-conceptuel au 3e degré, qui va guider ce work in progress théâtral. Il s’agit de réfléchir, toujours parodiquement, à des concepts comme le haut et le bas, le présent et l’absent, au prétexte de ce morceau de plastique que Fred Tousch tient d’une main au « poignet cassé » en signe d’affection, à l’inverse d’une « main tendue » qui partirait vers un ailleurs…

Tout en réfléchissant, en bougeant, les comédiens disent ce qu’ils font et font ce qu’il disent, cherchent sans savoir trop quoi, trouvent des choses pas vraiment convaincantes, bancales, à coté ou en-deçà, se rapprochent, s’éloignent et comprennent que le devant et le derrière ne dépendent finalement que du point de vue de l’observateur.

Ici réunies, ces trois personnalités capables d’improviser seules se complètent parfaitement : François Rollin doctoral, structuré, directif ; Arnaud Aymard souple, sensible et fuyant ; Fred Tousch intimidant, fougueux, foutraque. Au milieu de ses cadets remuants, le doctoral Rollin joue au coach – il a d’ailleurs mis en scène le nouveau spectacle de Fred Tousch qu’on découvre plus tard dans la soirée, avant celui d’Arnaud Aymard.

Impossible de résumer cette performance diffuse et polymorphe qu’on goûte intensément sur le moment, mais qui laisse, comme souvent les spectacles d’impro, une touche vaporeuse d’inachevé qui tient précisément à la nature du genre.

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