Nikolaus Holz – Le corps utopique ou il faut tuer le chien !

Remarqué dès sa sortie de l’école nationale des arts du cirque en 1991, Nikolaus Holz s’est forgé un personnage de clown, jongleur et philosophe. Cet Allemand adopté par les Français vit dans ce pays qu’il aime. Accompagné de son maître suisse Pierre Byland, légende du clown qui a enseigné à l’école Lecoq et cofondé l’école des arts du cirque, et de deux plus jeunes comparses issus de la même école, une spécialiste du mat chinois et un homme élastique qui parvient à se métamorphoser en chien, il propose au Nouveau théâtre de Montreuil une réflexion sur le corps et la société.

L’idée du Corps utopique est venue à Nikolaus Holz à la lecture d’un court texte de Michel Foucault, selon lequel le corps est l’inverse de l’utopie, puisqu’il est incarné, actualisé, réel. Ce projet ne contient-il pas en germe un défaut inhérent au nouveau cirque à visée réflexive ? Comment attribuer une portée signifiante à un saut, une jonglerie, une cabriole sur un mât chinois ? Ou la superposition un brin artificielle d’une performance physique spectaculaire et d’une mise en scène cherchant à produire du sens.

Mais ça commence fort… Les invités d’une conférence très sérieuse investissent un à un la scène : un gendarme au pas ample et maladroit (Nikolaus Holz), un punk acrobate à la démarche élastique (Mehdi Azema) qui se contorsionne sur les tables, puis le vieil orateur en costume et chapeau amené à présider (Pierre Byland), tandis qu’une employée anxieuse dispose frénétiquement les gobelets sur les bouteilles (Ode Rosset).

Nikolaus traite son sujet en trois parties : le corps (on vient de le voir), l’espace, l’objet. La première partie, très drôle, met en scène des clowns caricaturaux et inadaptés, qui vont se libérer de la gangue de leur corps et danser, faire des acrobaties, tandis que Pierre Byland monologue sur des sujets canins.

La mise en scène ménage quelques gros effets comme des chutes de décors tombés du ciel, de poétiques constructions faisant évoluer cette balle rouge qui tombe pile sur la tête de Nikolaus, et quelques morceaux joués au piano par Pierre Byland (Mozart, Haydn, Beethoven) ou Nikolaus lui-même, qui se livre à une impro jazz débridée… Mais après un départ survolté, on reste un peu sur notre faim.

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