Okidok – Les chevaliers, avec Xavier Bouvier et Benoît Devos

  • De et avec Xavier Bouvier et Benoît Devos. Mise en scène Michel Dallaire et Okidok. Photo : Sandre.
  • Spectacle vu le 2 octobre 2015 à
  • Réserver sur liens Fnac

Invité du festival de clowns du Samovar cette année où il présentait également Slips Inside, le duo belge Okidok affiche une maîtrise à tous les niveaux : jeu, parole, décor. Il ne faut pas croire que Les chevaliers soit un spectacle réservé aux enfants. En trois tableaux successifs, la forêt, un paradis aquatique et un enfer de maison hantée, Okidok livre une version clownesque de l’épopée chevaleresque qui puise avec intelligence dans la mystique médiévale. Sur cette toile de fond évoluent deux chevaliers aux déguisements grotesques, du heaume à la godasse, un vrai tandem sur le mode de clown blanc et auguste : le beau gosse barbu qui grogne fièrement sa virilité (Benoît Devos) et le chauve maigrichon qui trésaille au moindre bruit (Xavier Bouvier). Une équipe rêvée pour affronter les dangers de la forêt.

Bref, voici deux clowns au style décalé, à la fois comédiens et mimes bruitistes qui, sans une parole, suggèrent mille émotions, menacent le public, s’embrouillent et se réconcilient, répétant d’un ton toujours neuf les mêmes petits mots… Ils s’appuient sur des moyens techniques qui produisent des effets spectaculaires, comme cette gigantesque apparition d’âne volant ou, en toile de fond, ce décor à la Jérôme Bosch qui défile lorsqu’avancent les chevaliers en déroute, tapisserie médiévalo-kitsch d’où surgissent des humeurs, du vomi ou des carottes dégoulinant en flux immondes.

Les allusions érotiques semées ça et là font exploser de rire les adultes, tout comme la lâcheté et le courage évoqués avec subtilité. Entre Monthy Pithon et Hanna Barbera, en mêlant aux bases du clown un peu de jonglerie et de magie, les Okidok distillent un humour subtil, visuel, universel. Si l’on retrouve nombre de situations classiques, ils construisent leur propre univers en demeurant toujours à l’écoute du public qui sent bien qu’une connexion s’établit entre lui et les artistes.

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