Arnaud Aymard – Olaph Nichte

Après L’oiseau Bleu, Perceval de Soleil Noir et Canoan, on découvre au festival d’Aurillac 2016 le nouveau clown d’Arnaud Aymard, comédien aux mille personnages, qui délire cette fois en mode doctoral sur un mélange de physique quantique et de psychologie humaine. Olaph Nichte, ridicule perruque blonde et mine intimidée, est un hurluberlu d’origine allemande qui enseigne – en français, car il ne parle pas allemand – la physique à l’université de Köln d’où il a été limogé pour faute grave (viol ou problème de photocopieuse, les versions divergent). Comme il est arrivé en France très jeune, il maîtrise parfaitement la langue de Molière pour le bonheur du public auquel il livre volontiers son enseignement.

Détenteur de pas moins de sept doctorats, inventeur de la « Global physique » qui condense l’ensemble des sciences, il offre au public un cours magistral de philosophie existentielle qui mêle le trivial au sérieux et aboutit parfois à de grandes vérités, comme « la subjectivité et la seule objectivité », au moyen de démonstrations aussi rigoureuses que délirantes. Parlant toujours avec cette énonciation incertaine et empêchée qui lui est chère – qui semble hésiter entre deux sentiments et traduit cet état « à la fois déprimé et heureux » dont il fait part au public -, Arnaud Aymard campe parfaitement ce personnage qui délire sur le moi cloisonné, insécable, dont il livre une analyse introspective censée permettre à chaque spectateur d’y voir plus clair en lui-même…

« Le moi est la paroi entre le réel et l’imaginaire », apprend-on notamment. Plus funky qu’un cours magistral, plus poussé qu’un one-man-show, la conférence de cet ancien prof de physique, dans la droite ligne de la Cie Spectralex, a de quoi inspirer le public le moins disposé au rire automatique.

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