Patrick Williamson, Crossings

    Let there be no bitterness
    as we are held by the rocky
    sway of lift & descent
    into the dark weight
    of suffocation, howling wet wind
    and eternal greyness,
    skies raise our spirits but only
    half way up, then
    pitch again, toss & plunge,
    hold on for life is not
    drowning.

    * *

    Softly, like a whisper, the wave
    releases a sigh of relief
    tongue & eyes spreading reaching up,
    the next draws in its breath
    harsh & rasping the rush of silence
    sucking rolling marbles off slate,
    the sated wind sweeps up
    rocks, or pebbles, joined as they break
    free, clutching fingers
    sliding back, tugged by the undertow.

    * *

    Night blown, these inner riches
    merge with the surging fear
    I had as a child who imagined
    tenebrous fluid shadows
    were creatures that reach up
    & strip away the covers

    I feel we are lovers, just
    myself, & black-blue sea,
    hiding the winter, its debris
    swept away, swirling crests
    skating over the fathoms.
    Traversée
    Qu’il n’y ait pas d’amertume
    tandis que dans l’incertain
    balancement de la montée de la descente
    dans le poids obscur
    de la suffocation le vent pluvieux hurlant
    et la grisaille éternelle
    les cieux nous remontent le moral mais à demi
    seulement, puis
    tanguent encore, roulent et plongent,
    s’accrocher car vivre n’est pas
    se noyer.

    * *

    Doucement, comme murmure, la vague
    laisse échapper un soupir de soulagement,
    la langue les yeux étalés soulevés
    la suivante prend son souffle
    rêche et râpeux le silence soudain
    suçant billes roulant sur l’ardoise,
    le vent rassasié rassemble
    pierres ou galets, réunis au moment où ils
    s’échappent, doigts s’agrippent
    glissent tirés par le reflux.

    * *

    La nuit essoufflée, ces richesses intérieures
    se mêlent à la peur envahissante
    que j’avais enfant imaginant
    que des ombres fluides ténébreuses
    étaient des créatures qui se lèvent
    et arrachent les couvertures

    je nous sens amants, moi
    seul et la mer bleu-noir
    cachant l’hiver, sa banquise
    arrachée, crêtes tourbillonnantes
    balayant les abîmes.

    * * *

    Ce texte fait partie des 37 poèmes reçus mercredi 15 avril 2020, lors de la deuxième scène confinée du Chat Noir. Retrouvez les autres dans ce compte-rendu.

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