Stéphane Fall, Little tribute to Haymo

    Ils sont chose rare comme toutes les choses rares ceux qui ont porté en eux la détresse des autres sans toujours pouvoir la dire. Il leur faut porter leur propre existence aussi. Les monades auront –elles un jour enfin des fenêtres ? Il leur faudra se débarrasser des poncifs de la petite logique.

    Il est une promesse que nous éprouvons, que nous voulons partager, et qui se perd devant l’incapacité de nos plus chers amis à dire : Je suis là, je sais comment mais pas pourquoi. Partage, partage, partage, partage impossible, possible seulement pour des romantismes improbables. Et on finit par être convaincu qu’au fond on a peut–être tort, mais c’est inadmissible. Alors on s’échappe.

    Fidèles et compréhensifs de ce qui dure, de ce qui jamais ne sombre, nous rendons hommage à ta détermination, à ton endurance jusque dans l’erreur, erreur qui nous est toujours commune, pour montrer, pour montrer qu’on est rebelles aussi à l’injustice dont nul ne peut gentiment s’amender. Et dans notre participation obligée, amicale, allergique, nous embrassons la pauvreté de ce monde comme on peut, comme on veut, pour toi peu importe, puisque l’amour demeure ton monarque obligé.

    Tu nous tires là une drôle de révérence. Spéciale, cousue main, un ciao pas comme les autres.. Tu as aussi tes torts vieil égoïste. Mais sans ton égoïsme la piraterie face au système est morte. On prend la leçon fort et clair.
    On t’érige en ami, tu t’ériges en ami !… Et par delà le mystère de nos présences, On te tisse une guirlande lumineuse de bons souhaits.

    Je te remercie personnellement pour l’accueil que tu as fait à mes écrits. Il fut d’entre les plus décisifs et les plus acquiesçants.

    Un arbre dans notre jardin portera ton nom. J’en protégerai le soin. Ce sera un défi nommé Haymo. Encore un insurgé stimulant des racines à la cime. J’ai dans ma naïveté d’espérant toujours pensé que tu le planterais toi-même. C’est chose faite. La chose des choses en a décidé pareillement – autrement. Plions-nous.

    La nature a lieu, on n’y changera pas, dit le poète
    Ta nature a lieu, on ne la changera pas.
    Haymo was a good man ? Certainement pas, Haymo Is a good man.

    I « « Ne dites pas des morts qu’ils sont morts car ils ne sont pas morts » » I

    photo de Stéphane Fall pour la 2e scène virtuelle du chat noir

    photo de Stéphane Fall pour la 2e scène virtuelle du chat noir

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    Ce texte fait partie des 37 poèmes reçus mercredi 15 avril 2020, lors de la deuxième scène confinée du Chat Noir. Retrouvez les autres dans ce compte-rendu.

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