Les colocataires Saison 3

Une nouvelle troupe d’impro ? Oui, une parodie de colocation à la Friends, dans un esprit jeune et sympa. Contrairement à ce que montre l’affiche, Yoann Chabaud est absent ce soir-là et Bérengère Krief, qui triomphe au Point Virgule, a quitté la troupe. Sur scène se distinguent Jérémy Charbonnel dans le rôle du dandy moqueur et Julie Vanhonnacker, en meneuse pleine de ressources qui joue de ses formes généreuses pour attiser le public. Trois autres caractères complètent le casting : la fille fragile (Delphine Grand), la copine marante et le gars plus posé.

La salle est chauffée par l’excellente prestation d’un jeune imitateur à l’affiche du nouveau théâtre BO St Martin, Marc-Antoine Le Bret, qui contrefait avec un mimétisme fascinant la voix de Bouvard (très connue c’est vrai). Plus inédit, il incarne aussi avec justesse des animateurs télé comme Laurent Ruquier, Benjamin Castaldi, Cyril Lignac ou Denis Brognard, et se lance dans une belle parodie du Métronome de Lorànt Deutsch…

Une image des colocataires est projetée sur le rideau qui s’ouvre, découvrant de dos leurs vraies silhouettes, en chair et en os. Ils se présentent dans la bonne humeur, avant d’enchaîner une succession de scènes à partir de contraintes marrantes dont voici un aperçu : le « toast », où une partie des comédiens joue tandis que les autres sont accroupis, jusqu’à ce que les rôles soient inversés quand le maître du jeu dit « toast » ; l’incarnation d’un sentiment lorsque le maître du jeu touche l’épaule d’un comédien en cours d’impro ; le difficile « ni oui ni non ni pas » où il s’agit d’improviser sur un thème sans dire aucun de ces mots, au risque d’avoir un gage comme improviser en rimant, à cloche-pied ou avec l’accent portugais ; le dialogue entre un comédien qui improvise sur un thème et l’autre qui lit les répliques d’une œuvre connue, ce soir là l’Avare ; le « assis-debout-couché » où trois comédiens jouent alternativement dans ces trois positions.

Autre spécificité, à partir d’un mot choisi pour sa pertinence ou sa drôlerie, parmi les propositions du public, la troupe joue un épisode de sa propre coloc, façon série télé. Plus classiquement, on retrouve les variations autour d’un film, ces « menus DVD » souvent pratiqués sur les scènes d’impro, par Improglio notamment.

Bref, cette série de contraintes renouvelées pousse la troupe à se dépasser, même si, comme dans tout show d’improvisation, les moments forts alternent avec des passages faibles. A noter qu’ici, en plus de la bonne humeur communicative, on sent un esprit qui est peut-être celui du Bout, dont une partie de la troupe a suivi les cours de l’école du one-man-show.


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