Walter – Belge et méchant

De la classe, de l’esprit, une diction claire et précise : Bertrand Wautlet, découvert sur le plateau de Sébastien Joel, aurait pu s’appeler « Zaza-Cohen-du Grand Orient » pour satisfaire trois lobbies influents dans le comique, mais ça aurait fait trop long, alors son producteur a décidé de le rebaptiser Walter*. Dandy tranquille tiré à quatre épingles, Walter boit du Saint-Emilion dans un fauteuil.

C’est donc avec élégance, toujours, qu’il balance des horreurs ou des énormités, un peu comme son compère belge Alex Vizorek qui a le même metteur en scène, Stéphanie Bataille. Il joue à l’œnologue dans les mariages musulmans, parle des couples en évitant le cliché mars et venus, suggérant, genre David Azencot, que les célibataires apportent un vent de liberté dans les foyers mariés, comme si Radio Londres balançait les infos de sorties à la France occupée. Il est sans doute inadapté à cette société qui interdit de fumer dans les bars (amenés à fermer car les fumeurs font trop de bruit à l’extérieur !), comme si on interdisait les salles de gym, sous prétexte qu' »on fait croire à des truies qu’elles vont ressembler à Laetitia Casta » !

A la fin, le comédien lit sa réponse à la lettre d’un DRH, dressant un paradoxe étonnant à l’image de son humour : « Cher monsieur, j’ai bien reçu votre lettre de refus de ma candidature et je suis au regret de vous annoncer que je ne peux l’accepter. Vous comprendrez que je reçois un nombre important de lettres de refus… Je commencerai donc à travailler chez vous la semaine prochaine… » Encore une pincée d’esprit belge pour raviver la scène parisienne.

* Walter était l’un des chroniqueurs de l’émission Les enfants de Chœur à laquelle j’ai participé en 2010-2011.

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