Les 1001 facettes de la poésie du Chat noir

  • Article publié le 26 janvier 2022
La dernière Scène de poésie du Chat Noir, mercredi 19 janvier 2022  à La Cantine du 18, ne nous as pas déçus… Ni le fumiste en chef Romain Nouat et moi-même, ni les poètes venus au rendez-vous, ni les spectateurs peut-être encore plus nombreux.
Chaque fois, il semble qu’on concrétise un peu mieux notre rêve de réunir en un lieu unique les diverses formes de la poésie vivante et libre, dans l’esprit du Chat noir originel. Oui, La Scène de poésie du Chat noir accueille toutes celles et ceux qui veulent dire, susurrer ou déclamer leur poésie, quelle qu’elle soit. Quatre nouveaux venus nous avaient rejoints !
Les générations se mélangent, les styles aussi, sous l’égide de Madame le maire de la La Commune Libre de Montmartre, qui nous a fait grâce de sa présence.

La nouvelle scène du Chat noir du 19 janvier 2022

Marielle Frédérique Turpaud a donc proposé deux « morales élémentaires » – cette forme poétique inventée par Raymond Queneau – consacrées à la place du Tertre et à celle de Saint-Germain des Prés.
Yves-marie Rollin a poussé la chansonnette en alexandrins, sans guitare cette fois, mais non sans verve.
Tsu MC, alias le slam-tonton du Chat noir – celui auquel on peut toujours faire appel en cas d’amnésie ou de contresens sur l’histoire du slam – nous a gratifié texte bad boy et d’un rap posé sur une instru de sa propre composition
– La Claudicante Siphoné Du Bulbe Elsa qui s’affirme toujours davantage au Chat noir, où elle s’est initiée au slam, a enchaîné les jeux de scène les plus théâtraux pour incarner son texte.
– Notre « mind pâtissier » Phil Thievenaz , héritier d’Alphonse Allais et de Robert Desnos, a filé quelques-uns des calembours visuels et sonores dont il a le secret.
– Didier, maître de la paréchèse (oh, vous chercherez dans un dictionnaire de rhétorique) s’est cette fois illustré dans l’équivoque et la paronomase (oui, c’est compliqué, mais pourquoi s’interdire d’être pédant ?).
– Pierre-Benoit, ce nouveau venu amoureux des mots, nous a glissé quelques rimes bien senties, dans un rap a cappella et un texte intitulé « Tous les jeux de mots sont pris », en me tendant la perche de la catachrèse – gare à ce qu’un jour je ne vous gratifie d’une conférence de trois heures sur cette figure oubliée !
Claire Médard , poétesse déjà publiée, a révélé quelques courts morceaux de son nouveau recueil à paraître, au titre encore provisoire, ‘L’eau du Vase’.
– L’argentin Tomas De Diego a filé en espagnol un texte auquel certains n’ont entendu goutte, mais dont la musicalité nous a bercés.
Marta Domingo , pourtant, aurait pu nous éclairer. Mais elle a préféré nous révéler le secret d’une tradition immémoriale rythmant les tâches quotidiennes de l’Espagne besogneuse : des percussions manuelles à même une table en bois.
– Le slameur JaAfari Karim était à la guitare, scandant, fredonnant deux chansons douces et enveloppantes qui jouaient sur les onomatopées et les diminutifs attachants.
– Il fallait bien que L’aura Hortala réveillât tout le monde, avec sa performance inédite, comme un hybride entre poésie sonore et théâtre post-moderne (eh oui, c’est vrai, chacun doit trouver sa place) !
Vinz Plane (qu’on distingue en action sur la photo), nous a fait l’article, mué en poète commissaire-priseur, haranguant le public de la Cantine pour sa vente aux enchère de mots slamés.
Antonella Urciuolo était de retour à la mélodie, non pour fredonner du James Blunt, mais cette fois chanter dans sa langue à elle, qui se trouve être aussi celle de Petraque…
– Enfin, Paolo Touchoco était venu faire résonner les mots des autres : ceux, simples et vivants, de Pablo Neruda, Prévert et Gaston Couté, ce poète de la rue qui écrivait, fin 19e, en patois beauceron. Merci à lui d’avoir bouclé la boucle en donnant à entendre l’un des poètes du Chat noir, période Goudeau et Salis.

La nouvelle scène du Chat noir 19 janvier 2022

Ainsi s’est écoulée la soirée, comme un vin mûr ou une eau qui pétille, dans le chaleureux sous-sol de la Cantine, nous toutes et tous enveloppés dans une atmosphère œcuménique et paisible, propice à la poésie, à toutes les poésies.
Passante, passant, viens nous voir,
La prochaine scène a lieu mercredi 16 février à 20h30,
Et c’est toujours au même endroit !
PS – La précédente scène de poésie du Chat noir avait accueilli le poète Jean-Pierre Bobillot, spécialiste de la poésie sonore et de la performance vocale qu’il fait remonter aux Hydropathes et au Chat noir, précisément…

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