Le cabaret du Chat noir ressuscite dans le 18e

    Mercredi 12 février à 21h, la Cantine du 18 a accueilli la nouvelle scène de poésie du Chat noir. Première date d’un rendez-vous régulier, le 3e mercredi du mois, ouvert à toutes et à tous.

    Après avoir relancé Le Chat noir version papier, son directeur de publication Romain Nouat inaugure avec votre serviteur sa déclinaison en cabaret : la nouvelle scène de poésie du Chat noir. Alors que le cabaret fondé en novembre 1881 par Rodolphe Salis avait précédé de 2 mois la création de la revue (janvier 1882), la nouvelle revue précède de deux ans le cabaret nouveau. Ainsi, après 123 ans de sommeil, c’est le premier numéro d’un futur rendez-vous périodique. Poétesses et poètes sont invités le 3e mercredi de chaque mois à la Cantine du 18.

    L’idée ? Une scène de poésie libre sur le modèle des scènes ouvertes de slam, empreinte de l’héritage de Rodolphe Salis, Emile Goudeau, Alphonse Allais, Aristide Bruant, Charles Cros ou Maria Krysinska qui prétendait avoir inventé le vers libre, déjà pressenti par Verlaine et Rimbaud. Nous revendiquons aussi de l’esprit de la goguette du Chat noir, un rendez-vous périodique, plus confidentiel, qui permettait aux poètes et aux chansonniers moins connus de se lancer. C’est dire que nous cherchons à donner à cette soirée un ton libre, iconoclaste, étranger aux conventions. Comme jadis les « Altesses électorales » moquées par Salis, les individus les plus hauts placés seront les bienvenus pour être brocardés, les poètes et les peintres également, tandis que curés et militaires risqueraient de se faire refouler à l’entrée. Et si une tête couronnée, comme feu Édouard VII, souhaite franchir le seuil, qu’elle tente l’aventure.

    La Cantine du 18 a été choisie parce qu’elle offre un espace vaste et accueillant, à l’inverse du premier Chat noir qui tenait dans une boîte à chaussures du 84 bd de Rochechouart. Ce lieu conservera l’esprit plutôt que la lettre de son ancêtre, tout comme l’élan et le style que nous cherchons à donner à cette scène. Nous partageons une vision actuelle de la poésie combative, lyrique, ludique, ouverte aux prouesses linguistiques, comme les holorimes chères Alphonse Allais, ou aux diatribes saignantes comme Les Soliloques du Pauvre de Jehan Rictus. Nous n’avons pas installé de piano, mais nous accueillerons volontiers chanteurs, chansonniers, poètes, caricaturistes, peintres ou humoristes. Même si l’accent est mis, avant tout, sur la poésie.

    L’esprit tient dans cette phrase rimbaldienne, jadis écrite au fronton du Chat Noir : « Passant, sois moderne ! »

    La Cantine du 18
    46 rue Ramey, 75018 Paris
    01 42 51 24 65
    Le 3e mercredi du mois à 20h30.
    Ouverture à 19h30, inscriptions des poétesses et des poètes à 20h.

    EDIT : Suite au confinement lié au coronavirus, le Chat noir s’est transformé en scène virtuelle.

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