Une sombre histoire de girafe de Magali Miniac, mise en scène Nicolas Martinez

Une sombre histoire de girafe, le titre est marrant mais sans rapport évident avec la pièce de Magali Miniac, mise en scène par l’excellent Nicolas Martinez, issu de l’atelier Palmade, vu dans le sketch du dîner aux chandelles et coauteur avec son compère Benoît Mauret d’une comédie cinglante au café de la gare. On sent sa patte accrocheuse surtout dans ces quelques moments de tension et de malaise, où transparaît une agressivité latente qui faisait le sel de sa pièce précédence.

Deux couples se retrouvent pour quelques jours dans une maison au milieu des Cévennes. Très vite ils ne se supportent plus : voilà un synopsis classique de café-théâtre, vu et revu des tas de fois depuis J’aime beaucoup ce que vous faites mais ici porté à la perfection. Comme on peut s’y attendre, ça va mal se passer. Ce qui fait qu’on adhère, c’est le jeu des comédiens, criant de vérité, comme c’était le cas chez la troupe à Palmade. Avec des dialogues et des attitudes toujours justes, sans une hésitation, la violence des pulsions ressort d’autant plus frontalement.

Tout est mis en place pour souligner l’incompréhension des deux couples, l’un avec un enfant, l’autre sans, l’un marié depuis 13 ans, l’autre qui vient de se rencontrer, l’un usé par le quotidien l’autre en pleine phase de couverte. Évidemment, notre point de vue sur les personnages évolue au fil de la pièce. Les caractères se révèlent plus complexes au gré de répliques violentes créant des chocs successifs, si bien qu’au bout d’un moment chacun semble baigner dans sa propre folie… Et c’est contagieux !

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