Fred Tousch & Cie – Le Retour Du Grand Renard Blanc

  • Cabaret punk rock médicinal de et par Fred Tousch. Cie Le Nom du Titre avec François Boutibou, Myriam Chaboche, Sophie Deck, Cyril Delmotte et Laurent Mollat.
  • Spectacle vu le 21 décembre 2011 à
  • Réserver sur liens Fnac

Après des débuts au cirque Archaos et dans un duo musical (Fred et Pierre-Claude, chanteurs sincères), Fred Tousch retrouve sa guitare et sa voix de leader. Entre temps, il a créé cinq spectacles dont les titres parlent d’eux mêmes : « Oui je suis poète », « Benoît de Tourraine ou la véritable histoire du fils du pintadier », « le cabaret philosophique », « la Foirce », mélange de foi et de force consistant à faire bouger les églises ou « Knüt » évoqué ici… Que vaut ce cabaret rock ? On dirait un spectacle pour enfants. L’imagination est là, mais les impros débridées semblent neutralisées par un sage enchaînement de chansons qui finissent par occuper toute la place. Dans ce délire où la bête du Gévaudan (rebaptisé Grévaudan) est un Grand Renard Blanc, Fred Tousch crée un nouveau personnage entouré de ses fidèles indiens Arapahoes : « Jeum-Pierre Camalessus », chanteur à l’accent chantant et aux blagues écoresponsbales qui souffre de problèmes lombaires, comme, nous dit-il, toutes les stars du rock français.

Les Arapahoes débarquent encapuchonnés, tandis que deux choristes armées de tronçonneuses, dont l’une travaille à SOS Compost, fendent le déguisement en tronc d’arbre du leader. Lorsqu’il en sort, foulard sur la tête et bide apparent, Fred Tousch fait penser à François Damiens ou à Didier Super, avant qu’on ne découvre un splendide renard tatoué sur son épaule. D’emblée, il explique au public avec une ringardise appuyée la nature de son « humour décalé et déjanté » en se défendant de « parisianisme primaire ». C’est parti pour une série de chansons drôles et bien écrites sans être extraordinaires, interprétées avec talent par des musiciens pas vraiment acteurs.

Comme les bons artistes de rue, Fred Tousch parle à tout le monde, enfants ou adultes, loin du cloisonnement stand-up où les jeunes parlent aux jeunes et les vieux aux vieux. Mais là, les mômes semblent les plus concernés. Il les invite d’ailleurs à enfourcher une monture imaginaire, la « moto-bouche », qui présente les avantages de la moto sans les inconvénients : payer l’assurance, changer les pneus… Les trouvailles sont marrantes, les décors et costumes très réussis, comme ce banc – knackie, ces tentes indiennes, le déguisement de Renard blanc ou celui du Diable en vynile rouge et jambières à talons ! Mais ces artifices cachent mal la faiblesse de l’histoire, dont les musiciens comme les choristes tentent de faire dévier la narration, en vain. Il y a pourtant de jolies envolées, des expressions patoisantes et un folklore occitan bien sentis. Peut-être que ce personnage « écoresponsable » aux déhanchés de rocker sur le retour aurait pu être creusé davantage, pour faire à lui seul l’objet d’un show…

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