Intra Muros d’Alexis Michalik au théâtre 13

  • De et mis en scène par Alexis Michalik. Avec Jeanne Arenes, Bernard Blancan, Alice De Lencquesaing, Paul Jeanson, Faycal Safi et le musicien Raphaël Charpentier.
  • Spectacle vu le 9 mars 2017 à
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C’est le premier Michalik qu’on retrouve au théâtre 13 (côté jardin), rouvert après deux ans de travaux. En septembre 2012, c’est ici-même qu’avait démarré Le Porteur d’histoire, avant sa reprise au Studio des Champs-Élysées et la création du Cercle des illusionnistes, deux pièces jouées aujourd’hui simultanément aux quatre coins de la France. Tandis que la success story s’écrivait, que les troupes grandissaient et se multipliaient, son théâtre devenait plus classique et peut-être plus accessible, jusqu’au succès populaire de son Edmond – qui se joue actuellement à guichets fermés au Palais Royal. Retour à la case départ, donc, et à une simplicité de scénographie inversement proportionnelle à la richesse de la narration.

Comme au commencement, cinq comédiens jouent, dans une mise en scène réduite à l’essentiel, effets sonores en plus, un texte aux lectures multiples qui perd les spectateurs entre fiction et réalité. Affairé à ses machines dans un coin de scène, un musicien compose en direct des sons d’ambiance qui font écho à chaque scène. La veine, cette fois, est sociale : dans un centre de détention, un prof de théâtre épaulé d’une comédienne anime un atelier qu’il aurait souhaité plus attractif : seuls deux détenus se sont pointés, ainsi que la jeune assistante sociale qui soutient le projet. Enchâssé dans ce premier récit, l’atelier théâtre, un second niveau narratif révèle la vie privée de ces personnages à travers des flash-back. La violence et l’amour s’invitent dans cet atelier où se révèlent des existences tributaires de concours de circonstances plus ou moins tragiques.

Dès les premiers instants, comme pour souscrire à une tendance actuelle, un acteur interpelle la salle pour préciser qu’il est à la fois homme et comédien, traversé par des soucis quotidiens et imprégné de ses rôles qui nourrissent une identité complexe. C’est cette double-perception qui tire le fil de la pièce, durant 1h45. Petit à petit, les rires se font plus rares et plus nerveux. Le doute s’installe dans l’esprit du public : ce qui ce joue à l’atelier, est-ce seulement du théâtre, ou ces existences sont-elles réelles ?

Il y a certes quelques longueurs, mais Michalik ménage des ruptures et son sens narratif nous emporte là où il veut, jusqu’à une fin poignante. Bref, on retrouve l’auteur et le metteur en scène qu’on aime : celui qui raconte des histoires en créant une proximité totale avec son public et sa famille d’acteurs.

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