Jean-François Cayrey – lls sont cons ou c’est moi ?

Quel plaisir de découvrir un show aussi vif, rythmé et professionnel ! Quelques jours après avoir vu le stand-up de Patson, pourtant une référence en la matière, celui de JF Cayrey met la barre encore plus haut, avec quelques points communs : une vanne toutes les 5 secondes et la référence permanente aux communautés. Après Politiquement incorrect qui comportait encore quelques sketchs, Cayrey s’affirme dans ce spectacle 100% stand-up, qui reprend pas mal d’éléments du précédent, à commencer par ce collège de banlieue décrit comme la bande de Gaza, ou la rencontre de sa femme, naine et difforme, « une remorque aux pneus crevés » plutôt qu’un « avion de chasse ». Le style de l’humoriste : une outrance dans le propos qui remet en question les clichés qu’il enfile, en particulier sur la banlieue qu’il a quittée pour la retrouver en participant au Jamel Comedy Club.

JF Cayrey joue au beauf franchouillard pour souligner le racisme ou la vision ethnocentrique des Français sur le monde, l’Afrique en particulier. Difficile parfois de faire la nuance entre le premier et le second degré quand il désigne le fait d’être homo par l’euphémisme « à la mode ». Mais il a beau dire des trucs racistes, le public voit se dessiner, en filigrane, une critique des lieux communs et de la bêtise du prêt-à-penser. Pas un seul temps mort, Cayrey n’insiste pas sur les vannes qui font mouche et illustre son texte de mimiques à exploser de rire.

A partir d’une querelle sur les chiottes écolos avec un prof barbu, il pète un câble et se lance dans une diatribe ultra féroce sur le développement durable et le réchauffement climatique, poussant l’antithèse dans des retranchements si paradoxaux que ça devient absurde, « tu ramènes les Africains au Pôle Nord en avion, tu leur donnes une longue paille et avec 200 litres de Teisseire le problème est réglé ».

Lors d’un passage romantique en clair-obscur, où il fume une clope en parlant d’amour, il fait un clin d’œil au travail de son metteur en scène Yoann Guillouzouic, moitié de Audeyoann qui jouait jadis aussi au petit Palais des glaces, avec quelques accents voisins. Au-delà de jeux de scène bien sentis, Jean-François Cayrey balance sa vision du monde avec une gouaille façon Audiard 3.0, empreinte de bon sens populo servi avec rythme et naturel. La salle exulte, ça fuse, le public est cueilli.

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