Michael Hirsch – Pourquoi ?

Michaël Hirsch est un jeune comédien propre sur lui, intelligent et fin, qui a tout pour plaire. Loin des stand-upeurs qui répètent chaque soir les mêmes vannes avec les mêmes mimiques et d’un même phrasé pseudo naturel, lui s’inscrit dans la tradition théâtrale du seul en scène. S’il s’inspire de Devos, on pense plutôt à Gauthier Fourcade, dans sa manière de dérouler le fil des mots comme une pelote pour, de résonances en euphonies, inventer des histoires poétiques ou burlesques.

C’est un itinéraire que retrace le comédien dans Pourquoi ? : l’histoire d’un enfant qui se pose des questions, qu’on voit grandir sans cesser de s’interroger sur lui-même et le monde alentour, jusqu’à, étape après étape, devenir un vieillard. Ses deux passions étant le sommeil et les femmes, le comédien se livre à des confessions convenues mais plutôt fines sur la drague (comment faire une fois qu’on a mis une femme à moitié dans son lit ?) et il invente délirant mythe des « homosapionce » qu’il file très longtemps.

Le message de Michaël Hirsch, 26 ans, est à la fois intelligent et consensuel : se poser des questions n’est pas anodin, c’est un viatique, une nécessité vitale qui traduit la volonté de ne rien prendre pour acquis, de se remettre en cause et de refuser certaines évidences. Ainsi continue-t-il toujours à se demander : pourquoi ?

Le texte, bien écrit, oscille entre le facile – « ma déclaration d’humour, pour le meilleur et pour le rire » – et le profond : « on ne vend pas du rêve, on vend du vent ou on rêve son rêve. » Dans un passage ludique très réussi, l’humoriste imagine les carrières possibles qu’il aurait pu avoir, un métier correspondant chaque fois à une ville, comme homme politique à Menton, diététicien à Etretat (être tas), ou comptable dans la Somme et au-dessus de la Mayenne

Tout est donc parfaitement écrit, léché, joué. A tel point qu’il semble y avoir quelque chose d’un peu trop sage et figé dans la forme. La diction est très théâtrale, sans fausse note, sans vraie spontanéité, du moins au début, puis Michaël Hirsch se lâche un peu au fil du spectacle… Enfin, il termine par la scansion slamée d’un poème aux accents lyrico-engagés où, comme tous les comédiens qui se livrent à un tel exercice, il « poète plus faut que son cul ». Tout en restant lucide sur cette posture empesée, loin d’être dupe de l’effet produit.

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