Mises en capsules, festival de formes courtes au Ciné 13 Théâtre

Cela fait maintenant neuf ans que le comédien Benjamin Bellecour à créé Mises en capsules, ce festival théâtral de formes courtes accueilli au Ciné 13 Théâtre qui a vu émerger de jeunes auteurs et comédiens comme Alexis Michalik ou Pierre Niney. Le principe est simple : une trentaine de pièces de trente minutes sont proposées aux spectateurs, au nombre de cinq par soir. C’est pratique, on part quand on veut, on peut par exemple aller manger ou boire un coup avant de revenir plus tard.

Ce soir-là, on assiste aux deux premières séquences. D’abord une pièce burlesque et parodique mettant en scène une écrivaine à l’eau de rose, que son éditeur convainc d’écrire une autobiographie trash et crado pour attirer le chaland : les Égouts de mon âme. Si le texte de Sébastien Blanc et Nicolas Poiret n’est pas fou, on découvre deux comédiens habités, Anne bouvier et Pascal Zelcer, attaché de presse qui a déjà fait quelques apparitions comme comédien. Il donne une présence électrique à son personnage de guru de la com, avec peut-être un peu d’empressement dans le débit, en se lançant dans un festival de voix outrées et de jeux de scènes aux effets grotesques réussis. Dans leur propre mise en scène rigolote et kitsch, les deux comédiens ne s’économisent pas pour nous faire rire.

C’est à tout autre registre que ressortit la pièce suivante, Discorde, jouée par le Grand Colossal théâtre, avec la fougue d’un exercice improvisé et une vraie précision de jeu. Une douzaine de comédiens réunis sur scène forment une sorte de chœur antique d’aujourd’hui. Tous parlent, crient ou se taisent ensemble, puis successivement. Ce teaser d’une pièce à voir en septembre au Théâtre 13 se déroule en trois temps : une réunion professionnelle où chacun répète son propre mot dans un brouhaha sans fin ; un tribunal dont les acteurs commentent ce qu’il font, genre « je lève les bras, je saisis mes documents, je regarde la salle puis je me rassieds » (procédé ultra efficace) ; une soirée dans un appartement. En répétant les mêmes segments de phrase, cette joyeuse troupe donne à voir le monologue permanent d’un monde où personne ne s’écoute vraiment. Un blanc, une pause, un haussement de voix prennent alors tout leur sens : ils ne sont là que pour permettre au locuteur d’exister… Sans intrigue, ce groupe d’acteurs au diapason se contente donc de sons et de gestes qui en disent bien plus long que des discours.

En deux pièces seulement, on décèle une variété de tons et de formes (courtes et donc vives) très stimulante. Le tout dans une ambiance à la bonne franquette qu’on doit notamment à un personnel sympa et aux interventions répétées, à chaque début de spectacle, de Benjamin Bellecourt qui donne sa propre version du discours sur les consignes de sécurité.

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Les Égouts de mon âme, de Sébastien Blanc et Nicolas Poiret. Avec et mis en scène par Anne bouvier et Pascal Zelcer.

Discorde, de et mis en scène par Alexandre Markoff. Avec Aline Vaudan, Juliette Chaigneau, Sophie de Furst, Léonore Chaix, Anna Delpy, Nicolas DiMambro, Jacques Bourgaux, André Antébi, Jérémy Buis, Sébastien Delpy, Ivan Cori, Sylvain Tempier.

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