Politiquement correct, de Salomé Lelouch au théâtre de l’Oeuvre

Qui est passé à côté de Thibault de Montalembert, cet ex-pensionnaire de la Comédie-Française vedette de Dix pour cent, dont le visage à la Benicio Del Toro s’éclaire ici de mimiques très expressives ? On le découvre en chair et en os sur la scène du théâtre de l’Oeuvre en compagnie d’une brochette de comédiens au style tout aussi vif : Éléonore Bernheim, Ludivine de Chastenet, Arnaud Schmitt et Bertrand Combe vu dans Le mariage de M. Weissmann. Politiquement correct est une comédie écrite et mise en scène par Salomé Lelouch, la directrice de l’ex Ciné 13 théâtre rebaptisé théâtre Lepic, aux résonances très actuelles. Si la pièce se passe sur fond d’arrivée du « Front » au second tour d’une présidentielle, elle a été écrite un an avant l’arrivée de Marine Le Pen au second tour de 2017.

Le jeu naturel et fluide des comédiens est mis en valeur par la simplicité du cadre, la scène figurant un bistrot dont la disposition évolue. C’est le lieu de toutes les rencontres, à commencer, un soir d’élection présidentielle, par celle d’un avocat d’extrême droite et d’une prof d’histoire engagée à gauche. Deux autres personnages plus radicaux viennent compléter ce spectre politique : l’un au Front et l’une qui se déclare marxiste.

Le texte, très bien troussé, fourmille de trouvailles, à l’image de ce slogan censé ridiculiser les féministes : « poing levé, poil aux jambes ». Immigration, avortement, ou mariage pour tous : bien des sujets sont abordés par ces quatre personnages incarnant chacun un point de vue politique distinct. Mais l’interrogation principale demeure aussi la plus intime : peut-on aimer quelqu’un dont on déteste les idées ?

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