Thomas VDB chante Daft Punk

C’est déjà le 3e show de l’étonnant Thomas VDB, bateleur et artiste polymorphe, successivement comédien de rue, journaliste rock ou stand-uper déglingué. Loin de se laisser bercer par le roulis de la scène comique, il défriche un nouveau champ et « se met à la french touch ». Résultat ? Un « récital de chansons de Daft Punk » où, sapé tout en noir avec un casque de moto, il interprète en scat les lignes mélodiques du groupe sur les intrus vinyles que balance son DJ, un peu comme les gosses qui fredonnent les génériques de leurs séries préférées. Oui, c’est un gamin qu’on voit s’agiter sur scène et lâcher périodiquement des gingles extatiques façon Fred et Jamy : « C’est la teuf ! Tu m’étonne ouais ! ». En détournant la musique plutôt que les paroles, comme les Blond and Blond and Blond dans une première partie enlevée, il renouvelle un style parodique en vogue.

Loin de En rock et en roll, ce show suit la lignée de Presque célèbre, dont il reprend quelques passages, notamment le sketch du « Voyage dans le temps », autre gingle de gosse proféré d’une voix excitée, qui raconte comment il a évité la naissance de Michel Sardou dans les années 40. Il défriche, expérimente et freestyle, en racontant une fausse rencontre avec un Daft Punk dans une boite de Pigalle, les problèmes de droit d’auteur causés par le titre du spectacle, les caprices des rock star qui défoncent leurs chambres d’hôtel ou ses propres fantasmes avec des groupies en backstage…

Ces dérapages tranchent avec la touche ingénue hirsute du showman, toujours calé dans un second degré voisin de Chris Esquerre, bien que dans un autre registre : si ce dernier affecte un ton pincé de directrice d’école , VDB oscille entre voix d’orateur ringard et de gamin farceur. Il file ce décalage en usant d’expressions qui ne sont pas les siennes, du genre « ce qui me fait zizir, c’est de faire de la zizique ». Lors de moments faussement engagés, il s’énerve contre ceux qui critiquent l’album d’Élie Semoun ou milite façon chanteur caritatif…

Au fond, tous ces délires ne sont pas si différents de ceux que chacun se fait sous la douche, à une différence près : quand Thomas VDB fait du scat, braille dans le micro à la Top gun ou qu’il entame une balade jazzy, c’est drôle !

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